Ramazan Ercan,Tuncay Çakmak
25 Avril 2016•Mise à jour: 25 Avril 2016
AA - Manisa - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a déclaré que le sujet des migrants et des réfugiés, est, pour la Turquie "une question de conscience et de tradition".
Kurtulmus s’est exprimé, dimanche, devant les représentants de la société civile de Manisa (ouest de la Turquie) et a commenté l’actualité nationale et internationale.
Il a d’abord abordé le thème des réfugiés qu’il a qualifié de «problème mondial que la communauté internationale doit résoudre ensemble», rappelant que la Turquie accueille près de 3 millions de réfugiés syriens et irakiens.
«Il y a les Nations Unies (ONU), il y a des pays riches, mais tous ceux-là ne se préoccupent de la question des réfugiés que quand ces derniers deviennent un problème pour eux», a-t-il estimé.
«Si l’an passé, il n’y avait pas eu ce fameux cliché du drame du petit Aylan, une grande majorité de la communauté internationale ne se serait pas occupé du drame des Syriens, car pour eux, la question des réfugiés est une question lointaine, alors que pour nous, c’est une question de conscience, d’humanité et de culture», a-t-il dit.
Kurtulmus est ensuite revenu sur la lutte contre le terrorisme, s’interrogeant sur les moyens et les armes que les différentes organisations terroristes se procurent.
«Pouvez-vous m’expliquer comment ces individus arrivent à faire exploser des bombes dans des aéroports très bien protégés comme celui de Bruxelles, où trouvent-ils ces armes, d’où vient cet argent», a-t-il demandé.
Le vice-Premier ministre a souhaité attirer l’attention sur les moyens humains, militaires, économiques et politiques mis à disposition des terroristes du PKK, de Daech ou de Boko Haram.
Selon lui, tant qu’un système mondial juste et humain basé sur l’égalité ne sera pas instauré, ni les migrations ni le terrorisme ne pourront être enrayés.
Puis, Numan Kurtulmus s’est exprimé sur les événements de 1915, alors que les arméniens se servent de la date du 24 avril pour remettre à l’ordre du jour leurs allégations autour du « génocide ».
«Comme les musulmans qui sont morts à cette date, les arméniens qui sont morts aussi étaient des citoyens de l’Empire Ottoman depuis des siècles, a-t-il rappelé. Nous n’autoriserons pas que certains instrumentalisent ces événements pour couper la route à la Turquie. Nous avons déclaré à plusieurs reprises que nous étions ouverts à une commission internationale indépendante d‘historiens chargés d'étudier toutes les archives.»
Kurtulmus a invité les détracteurs de la Turquie à se pencher sur l’histoire de l’île de Gorée, au large du Sénégal, par où «150 millions d’africains ont été envoyés vers les Etats-Unis et l’Europe en tant qu’esclaves».
«S’ils veulent parler de génocide, qu’ils regardent l’histoire de Gorée», a-t-il lancé.
Pour conclure, Kurtulmus a affirmé que «tous les ennemis de la Turquie, le PKK, l’organisation parallèle, ou toutes les autres organisations illégales, finiront par perdre».