Aynur Ekiz,Tuncay Çakmak
17 Août 2017•Mise à jour: 18 Août 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a fait savoir que la Turquie "ne prend pas au sérieux outre mesure", les propos de la Chancelière allemande, Angela Merkel, concernant l’union douanière et la Turquie, alors que l’Allemagne se trouve dans un contexte électoral.
Kalin a tenu, jeudi, une conférence de presse pendant laquelle il a répondu aux questions relatives à l’actualité en Turquie et dans le monde.
Les relations avec l’Allemagne et les polémiques qui en découlent ont été au centre de la conférence de presse.
Dans une déclaration de la veille la Chancelière allemande avait affirmé que la mise à jour de l’accord d‘union douanière entre la Turquie et l’Europe ne peut pas être possible "dans le contexte actuel en Turquie", ajoutant que "la Turquie ne se limite pas à son président".
"Ces propos sont inopportuns. Nous estimons, nous voulons penser, que ces déclarations sont la conséquence de la campagne électorale en cours en Allemagne. Il n'est pas acceptable qu'un pays de l'UE emploie un langage qui ressemble à des instructions données aux institutions de l'UE. L'Union douanière est un partenariat gagnant-gagnant pour les parties. En cas d'annulation de cet accord, l'UE aussi en subira aussi les conséquences", a commenté Ibrahim Kalin.
Selon lui, il ne faut pas accorder plus d’importance que cela aux propos de Merkel, estimant que le contexte électoral en Allemagne alimente ce discours.
"Nous espérons que la raison reprendra le dessus après les élections", a-t-il ajouté.
Mais ces déclarations ne sont pas le seul point de désaccord entre la Turquie et l’Allemagne.
Le fait que l’Allemagne accueille nombre de terroristes menaçant la Turquie, à l'instar des membres du PKK, du DHKP-C (extrême gauche) et depuis quelques mois ceux de FETO, auteurs de la tentative de coup d’état du 15 juillet 2016, alimente les tensions entre Berlin et Ankara.
L’un des principaux suspects de la tentative de coup d’état, Adil Oksuz, aurait été aperçu en Allemagne.
Suite à ces informations, le ministère turc des Affaires Etrangères a officiellement adressé une requête à l’Allemagne pour vérifier cette information.
"Notre ministère a adressé aux autorités allemandes une demande pour confirmer cette information. Un porte-parole du ministère allemand a répondu sans confirmer ni infirmer. Nous attendons d'eux qu'ils prennent ce dossier au sérieux. Nos services compétents (renseignement) sont en contact permanent avec leurs homologues en Allemagne et donnent les informations nécessaires concernant les putschistes en fuite. L'Allemagne doit d'abord établir si Oksuz se trouve sur son territoire et ensuite faire le nécessaire pour qu'il soit extradé", a-t-il expliqué.
"Quoi qu’il en soit, nous ne voulons pas de tensions avec l’Allemagne ni avec un quelconque autre pays européen", a-t-il ajouté.
Concernant la situation dans la région, notamment en Syrie et en Irak, Ibrahim Kalin a d’abord souhaité revenir sur la décision des autorités du Nord de l’Irak d’organiser fin septembre un référendum pour l’indépendance du district.
"Je réitère notre appel pour l'abandon de ce projet. Des parlements locaux peuvent entreprendre ce genre de projets et organiser un scrutin. Il est essentiel que les bonnes décisions soient prises, notamment par les autorités à Bagdad (gouvernement central) et à Erbil (autorités autonomes du Nord). A ce sujet, nous sommes prêts à travailler avec les pays de la région", a-t-il commenté.
Kalin a également souligné l’importance de la coopération Turquie-Russie-Iran concernant la crise en Syrie, dans le cadre des pourparlers d’Astana, mais aussi concernant l’Irak, pays qui lutte contre le terrorisme de Daech mais où est aussi présente l’organisation terroriste PKK, menace directe pour la Turquie.
Pour conclure, le porte-parole de la Présidence a fait savoir que le Chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite officielle d’une journée en Jordanie le 21 août.