Aynur Ekiz,Ayşe Şensoy Boztepe,Ayvaz Çolakoğlu
15 Août 2018•Mise à jour: 15 Août 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin a invité l'Administration américaine à respecter les procédures judiciaires en Turquie.
Kalin a animé, mercredi, une conférence de presse au Palais présidentiel à Ankara.
Il a regretté l'ampleur prise par l'affaire du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement placé en résidence surveillée en Turquie et inculpé pour "espionnage" et "terrorisme".
Kalin a ainsi invité l'Administration américaine à respecter la Justice turque, déclarant: "Alors que les États-Unis ont porté l'affaire du pasteur au point d'anéantir complètement nos relations et de perdre la Turquie, aucune mesure concrète n'a été prise, ni par [Barack] Obama [ancien président américain], ni par [Donald] Trump [président américain actuel], en ce qui concerne une affaire de sécurité nationale légale et urgente de la Turquie."
Le porte-parole a ainsi fait référence au refus des États-Unis d'extrader Fetullah Gulen - chef de l'organisation terroriste FETO, responsable de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016 en Turquie - et au soutien américain apporté aux terroristes du PKK en Syrie, un groupe qui représentent une menace directe pour la sécurité nationale de la Turquie.
Concernant les déclarations de la Maison Blanche faisant part de la "désillusion" du président Trump après le refus de la Turquie de libérer le pasteur américain, Kalin a affirmé: "Si l'on doit parler de désillusion, parlons de la désillusion vécue par la Turquie en ce qui concerne ses intérêts nationaux."
Au sujet des pourparlers d'Astana, dont l'objectif est de trouver une issue politique à la guerre civile en Syrie, Kalin a annoncé que la prochaine et troisième réunion était programmée pour la première semaine du mois de septembre à Téhéran.
Toujours sur la Syrie, le porte-parole a réitéré l'exigence de la Turquie en ce qui concerne Manbij, ville du Nord-ouest de la Syrie, à savoir le retrait total des éléments du PYD/YPG à l'Est de l'Euphrate.
Sur la question de la livraison des chasseurs américains F-35 à la Turquie, Kalin a souligné que "la Turquie n'est pas seulement un client des F-35, mais aussi un partenaire du projet" et qu'à ce jour, elle a, dans le cadre de ses obligations, "réglé un certain montant".
Il a, par ailleurs, annoncé une forte baisse du nombre de personne ayant rejoint l'organisation terroriste PKK en 2018, seulement 61 répertoriés.
"C'est le chiffre le plus bas depuis 30 ans", a-t-il conclu.