Ekip,Tuncay Çakmak
11 Mai 2016•Mise à jour: 12 Mai 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Secrétaire Général adjoint et porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a appelé les Nations-Unies (ONU), les Etats-Unis et la Russie à "ne pas saboter les derniers espoirs de paix en Syrie" en faisant référence aux intenses attaques du régime de Bachar al-Assad de ces dernières semaines contre Alep dans le nord du pays.
Ibrahim Kalin a publié, mercredi, une tribune intitulée «Alep brûle» dans le quotidien turc anglophone Daily Sabah, dans laquelle il déplore l’abandon par l’opinion publique internationale de la guerre en Syrie qui se poursuit depuis cinq ans, alors que les populations sont massacrées, l’histoire anéantie et les espoirs de paix et de prospérité complètement perdus.
«Si Alep tombe, c’est plus que la chute d’une ville, ce sera la fin des espoirs de paix et de liberté pour la population syrienne. Ce sera un message douloureux qui confirmera l’abandon des Syriens par la communauté internationale», a-t-il écrit.
«Si vraiment l’ONU, les Etats-Unis et la Russie veulent sincèrement mettre fin aux agissements de ce monstre [Bachar al-Assad], ils doivent empêcher que le régime syrien sabote les derniers espoirs de paix et de sécurité en Syrie. Les discussions de Genève n’ont aucun sens alors que les bombes de barils tombent chaque instant sur la ville et qu’Alep est en feu», a-t-il ajouté.
Kalin a rappelé que toute la Syrie est le théâtre d’une guerre sanglante depuis plus de quatre ans, avant d’indiquer que la ville d’Alep, deuxième plus grande ville et centre financier du pays est particulièrement la cible d’intenses attaques depuis plusieurs semaines.
«La chute d’Alep sera une grande victoire pour le régime et ses soutiens, mais ce sera surtout une étape nouvelle dans le drame humain qui frappe déjà la région depuis des années. Des dizaines de milliers de réfugiés se dirigeront vers la Turquie proche. L’indifférence générale ne fera qu’encourager le cruel et sauvage régime de Bachar al-Assad», a-t-il expliqué.
Le porte-parole de la présidence turc a rappelé que la résolution 2254 du 18 décembre 2015 du Conseil de Sécurité était censée ouvrir le chemin à la fin des combats, à l’acheminement de l’aide humanitaire, au début de la transition politique en Syrie et au renforcement de la lutte contre Daech.
«Aucun de ces objectifs n’a pu être atteint. Le régime syrien, soutenu par les frappes russes et les milices chiites sur le terrain, poursuit ses attaques et ses massacres contre les civils à Idlib, Alep et d’autres régions du pays», a-t-il regretté.
«L’accord du 11 février à Munich avait quelque peu calmé les combats, mais quelques semaines après les affrontements ont repris et se sont intensifiés après les violations du cessez-le-feu par le régime. Et la lutte contre Daech en Syrie et en Irak n’a que très peu avancée», a-t-il encore dit.
Kalin a affirmé que le régime n’a jamais réellement respecté ces différents accords et a continué à massacrer les innocents, à bombarder les zones civiles et à empêcher l’acheminement des aides humanitaires.
«Les opposants essaient de résister tant bien que mal, mais la ville d’Alep est encerclée et plus aucune zone sécurisée ne se trouve à proximité. Elle est devenue une ville fantôme comme de nombreuses autres villes syriennes. L’état de ces villes est la preuve flagrante de l’incapacité de la communauté internationale à venir en aide aux Syriens», a-t-il poursuivi.
Selon Ibrahim Kalin, les efforts des Etats-Unis et de la Russie n’ont servi qu'à prolonger la durée de vie du régime syrien, et à lui ouvrir la voie pour utiliser tous types d’armes, bombes à barils ou armes chimiques.
«Dans le même temps, Daech a pu préserver les régions sous son contrôle. Le meilleur exemple de cette inefficacité contre l’organisation terroriste, est la mort de 21 personnes à Kilis (sud-est de la Turquie) touchées par les tirs de roquettes de Daech depuis la Syrie», a indiqué Kalin.
«Ce qui est sûr, c’est que si Bachar al-Assad continue à utiliser les négociations pour se maintenir sur son fauteuil, la paix ne pourra pas être imposée et le combat contre Daech ne pourra pas non plus être gagné. Ces deux monstres de la guerre en Syrie ne s’affrontent pas, ils s’alimentent mutuellement», a-t-il affirmé.
Pour conclure, Kalin a considéré que la guerre en Syrie rappelle l’incapacité qu'avait la communauté internationale à mettre fin au génocide en Bosnie-Herzégovine dans les années 1990, «mais la guerre en Syrie sera une plus grande honte dans l’histoire de l’humanité» a-t-il souligné.