Hilal Şerefli Sari
12 Janvier 2021•Mise à jour: 12 Janvier 2021
AA / Istanbul
Une délégation de l'association turque "Özgür-Der" a effectué une visite de solidarité aux Turcs ouïghours en Sit-in devant le consulat chinois à Istanbul.
Plusieurs Turcs ouïghours résidant à Istanbul organisent depuis plusieurs jours un sit-in devant le consulat chinois, pour exiger de pouvoir entrer en contact avec leurs proches détenus de force dans des camps par le gouvernement chinois, et pour faire la lumière sur leur sort.
Dans un discours prononcé mardi lors de la visite de solidarité, le président de l'association Özgür-Der, le militant des droits de l'homme, Rıdvan Kaya, a exprimé son soutien aux Turcs ouïghours.
Il a expliqué que des pratiques telles que celle consistant à anéantir totalement un peuple ou à le forcer à vivre dans des conditions difficiles en raison de son identité religieuse ou ethnique, à combattre son identité et à détenir ses enfants, sont des formes de génocide selon la Charte des Nations unies de 1948 à cet égard.
Il a souligné que le peuple du Turkestan oriental (Ouïghours) a vécu dans la dignité pendant des centaines d'années sur sa terre, et que les arguments avancés par la Chine au sujet de sa lutte contre le terrorisme pour justifier ses pratiques ne reflètent pas la vérité.
A son tour, le journaliste turc Adem Özköse a déclaré que les Turcs ouïghours poursuivront leur sit-in permanent qui dure depuis 17 jours.
Özköse a félicité les Turcs ouïghours qui se sont attachés à ce sit-in, sans se soucier du froid, afin de connaître le sort de leurs familles.
Il a expliqué que leur lutte a porté ses premiers fruits, puisque le consul chinois a accepté de les rencontrer et de recevoir leurs pétitions.
La Chine contrôle le Turkestan oriental depuis 1949. C'est la patrie de la minorité turque musulmane ouïghour, que Pékin appelle "Xinjiang", ce qui signifie "nouvelles frontières".
Les statistiques officielles indiquent qu'il y a 30 millions de musulmans dans le pays, dont 23 millions sont des Ouïgours, tandis que des rapports non officiels confirment que le nombre de musulmans est proche de 100 millions.
En mars dernier, le Département d'État américain a publié son rapport annuel sur les droits de l'homme pour 2019, dans lequel il indique que la Chine détient des musulmans dans des centres de détention pour effacer leur identité religieuse et ethnique, et les oblige à travailler dans des conditions de travail forcé.
La Chine affirme cependant que ces centres, que la communauté internationale qualifie de "camps de concentration", sont des "centres de formation professionnelle" et visent à " débarrasser l'esprit de leurs détenus des idées extrémistes ".