Merve Yıldızalp,Tuncay Çakmak
15 Février 2016•Mise à jour: 16 Février 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de la défense, Ismet Yilmaz a déclaré que la Turquie n’a pas l’intention «d’entrer en Syrie».
Yilmaz s’est exprimé, dimanche soir, devant les députés au parlement turc lors des discussions du budget 2016.
Le ministre a d’abord démenti toute information selon laquelle un groupe de 100 soldats turcs serait déjà entré en Syrie, avant d’ajouter :
«Nous n’avons pas l’intention d’entrer en Syrie. Nous disons Paix dans le pays, Paix dans le monde. Mais nous devons être forts pour répondre aux attaques et pour avoir une force de dissuasion.»
Pour soutenir son affirmation, Ismet Yilmaz a donné les exemples des «attaques et invasions» de la Russie en Crimée (Ukraine), en Ossétie du Sud et en Abkhazie (Géorgie).
En réponse à une question d’un député de l’opposition concernant le financement par les Nations Unies des travaux de déminage à la frontière avec l’Arménie alors que tant de problèmes existent avec la Syrie, le ministre a confirmé que les problèmes de sécurité persistent à la frontière entre la Turquie et la Syrie.
«Mais à ce jour, nous n’avons pas de projets de nettoyage des mines en Syrie», a-t-il dit.
«Le projet que nous avions élaboré avant le début du conflit en Syrie a du être abandonné après ces événements», a-t-il précisé.
Yilmaz a ajouté que les services de renseignement turc travaillent de manière intense pour accéder à toute information sur d'éventuelles entrées de bombes et d’explosifs sur le territoire turc.
«Il y a forcément des ratés, mais c’est également le cas aux Etats-Unis ou en France. L’erreur est humaine», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, le ministre a confirmé qu’un accord avec l’Arabie Saoudite a été trouvé pour que les jets saoudiens puissent utilise la base aérienne turque d’Incirlik à Adana (sud-est).
«Seuls quatre avions sont venus pour faire une mission de reconnaissance, a-t-il expliqué. Mais nous avons un accord. Ils viendront bientôt, peut-être demain.»
Par la suite, Ismet Yilmaz est revenu sur le principe de « zéro problème avec les voisins» développé par le Premier ministre Ahmet Davutoglu.
«Ce principe exprime une volonté, a-t-il dit. Mais cela ne peut se faire que si les parties concernées affichent la même volonté. Seul, nous ne pouvons pas le garantir.»
«Ce n’est pas à la Turquie de définir le statut de nos frères kurdes en Syrie, c’est le peuple syrien qui en décidera», a-t-il dit pour conclure.