AA - Ordu - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a répondu aux questions des journalistes, lors de son déplacement dans la ville de Ordu (nord), notamment sur le sort de Morsi en Egypte et sur l’afflux de réfugiés syriens.
Kurtulmus a indiqué que «la condamnation de Mohammed Morsi à la peine capitale est une tache noire pour l’Egypte et pour tous ceux qui à travers le monde se taisent devant cette injustice voulue par les généraux responsables du coup d’état.»
Le vice-PM a rappelé que la Turquie, qui est toujours du côté de la démocratie, avait dès le départ condamné le coup d’état qui avait forcé la chute de Morsi, premier président égyptien élu de l’histoire.
Kurtulmus a souligné que la Turquie a malheureusement connue de nombreux coups d’Etat et autres opérations ayant confisqué le pouvoir aux civils.
Numan Kurtulmus a critiqué la communauté internationale en déclarant que «les généraux égyptiens, portés par al-Sissi, ont confisqué la démocratie en emprisonnant le premier président élu par le peuple. Malheureusement les démocraties occidentales ont fermé les yeux, alors que ces mêmes pays prétendent défendre la démocratie», et d’ajouter «si un dirigeant ne vous convient pas, vous le remplacez par le vote, non pas par la force».
D’après le vice-Premier ministre, «il était prévisible qu’un régime formé à la suite d'un putsch décide de condamner à mort ses opposants politiques».
Kurtulmus a indiqué que si la communauté internationale s’opposait sérieusement à ces condamnations à mort, le régime égyptien pourrait faire marche arrière.
En réponse aux questions des journalistes sur la situation en Syrie, Numan Kurtulmus a affirmé que «la région de Tel Abyadh est confrontée à un projet politique de repeuplement ethnique, faisant fuir les populations arabes et Turkmènes».
Le groupe armé kurde du PYD profite des bombardements de la coalition internationale contre Daech pour imposer son contrôle dans la zone, a-t-il précisé.
D’autre part, Kurtulmus est revenu sur les débats autour de la formation du futur gouvernement turc disant: «Le peuple a choisi de ne donner à aucun parti la majorité absolue, choisissant ainsi un gouvernement de coalition, qui mettrait fin aux divisions partisanes».
C’est pourquoi, il n’est pas responsable de mettre en avant des «lignes rouges» a-t-il rappelé, faisant allusion aux conditions évoquées par certains politiques.
Pour Numan Kurtulmus, les résultats obtenus lors du scrutin législatif doivent définir l’ordre selon lequel les partis politiques seront chargés pour former une coalition.
«Si les négociations n’aboutissent pas, il nous reste la possibilité des élections anticipées» a conclu le vice-PM.