AA – Ankara – Naz Altinsoy
Le Premier ministre turc Recep a fortement critiqué les responsables qui n’ont pas réagi à l'arrachage du drapeau turc par un manifestant kurde dans une base militaire à Diyarbakir, lors de son discours du mardi devant l’Assemblée nationale.
"Il ne fallait pas laisser un individu entrer dans une garnison et arracher le drapeau turc, a tonné le premier ministre, ajoutant qu'il fallait "faire le nécessaire". "Si tu ne le fais pas, tu es responsable. Ce n’est pas à moi de me déplacer d’Ankara pour empêcher celui qui a arraché le drapeau de le faire", a dit Erdogan, soulignant que la police et l’armée n’avaient pas d’excuses à présenter.
Le Premier ministre a indiqué que la Turquie ne se laissera pas entraîner dans un piège au moment où elle continue d'avancer dans un processus très fragile. "Que personne ne généralise les actes de l’organisation terroriste [PKK] à l’ensemble de mes frères et sœurs kurdes. Ni le Parti démocratique du peuple [pro-kurde], ni l’organisation terroriste ne pourront s’interposer entre nous et nos frères et sœurs kurdes", a-t-il poursuivi, indiquant que les citoyens d’origine kurde ont voté majoritairement en faveur du parti pour la justice et le développement, au pouvoir (AKP).
Erdogan a également demandé au peuple d'éviter toute provocation, assurant que l’Etat punira sévèrement les responsables. "Notre patience à des limites face au sabotage du processus de résolution et de paix", a-t-il affirmé .
Le premier ministre estime que ceux qui ont échoué lors des manifestations de Gezi et des tentatives de coup d’Etat des 17 et 25 avril, essayent, cette fois-ci, de mettre en place un autre "scénario" à travers le problème du terrorisme.
Un manifestant masqué a escaladé le mât et descendu le drapeau turc, dimanche, dans une base militaire aérienne à Diyarbakir, lors des manifestations qui ont éclaté suite au décès de deux hommes dans une manifestation non autorisée contre la construction d'un avant-poste militaire dans le district de Lice.