Selen Temizer
10 Novembre 2015•Mise à jour: 10 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a appelé les membres de la coalition internationale à repousser le Daech des frontières turques et à instaurer des zones de sécurité dans le nord de la Syrie.
Davutoglu a répondu aux questions de la journaliste Christiane Amanpour, lundi soir, sur la chaîne CNN International.
En réponse à une question concernant une éventuelle opération terrestre de la Turquie contre Daech en Syrie, le Premier ministre turc a expliqué qu’une telle intervention doit être discutée et décidée par les alliés.
«Une force terrestre est un sujet dont nous devons tous ensemble débattre, a-t-il répondu. Nous avons besoin d’une stratégie d’ensemble, comprenant des opérations aériennes et terrestres. Mais la Turquie ne peut assumer ce fardeau à elle seule. Si il y a une coalition formée en ce sens et qu’une stratégie d’ensemble est adoptée, la Turquie assumera ses responsabilités.»
«Oui, une opération terrestre incluse, a-t-il répété à une nouvelle question. Il faut une stratégie d’ensemble. Dans le cas contraire, après une opération terrestre contre Daech, une autre organisation terrestre pourra prendre sa place si le terrain libéré est abandonné. La crise syrienne doit être réglée de manière globale.»
Ahmet Davutoglu a expliqué que la Turquie attend de la coalition internationale une position claire quant au départ du pouvoir de Bachar al-Assad, pour s’impliquer d’avantage en faveur d'une solution en Syrie.
«Il s’agit de s’opposer à tout régime ou groupe qui est responsable du chaos, a-t-il dit. Nous participons aux frappes contre Daech. Mais ce n’est pas suffisant. Nous proposons à nos alliés, comme nous le disons depuis des mois, d’instaurer des zones de sécurité et d’écarter Daech de nos frontières.»
Le Premier ministre turc a rappelé une nouvelle fois que la Turquie, comme les Etats-Unis et de nombreux autres alliés, ne souhaite pas une transition en Syrie dans laquelle al-Assad serait impliqué.
«La vrai question n’est pas de savoir combien de temps Assad va encore rester au pouvoir, c’est de savoir quand il va le quitter, a-t-il expliqué. La solution est simple. Un jour, des millions de réfugiés syriens décideront de rentrer chez eux, convaincus que la paix est revenue dans leur pays. Mais si al-Assad reste au pouvoir à Damas, je ne pense pas qu’ils rentreront.»
D’autre part, concernant la lutte contre le PKK et les aides militaires fournies par certains pays aux forces armées kurdes en Syrie, Davutoglu a rappelé que la Turquie n’acceptera pas que des armes soient fournies aux groupes liés à l’organisation terroristes qui attaque depuis de nombreuses années la Turquie et sa population.
«Le PYD (Parti de l’union démocratique) n’est pas le seul groupe qui combat sur le terrain, a-t-il dit. L’armée syrienne libre (ASL) combat Daech. Nous pouvons leur fournir des armes. Les Russes bombardent l’ASL. Sur le terrain, il y a aussi les Peshmergas. Ce sont eux qui ont sauvé Kobané, en empruntant notre territoire que nous leur avons ouvert. Si les Etats-Unis veulent aider les forces kurdes sur le terrain, nous sommes prêts pour cela, mais pas les terroristes du PKK. Nous pouvons aider Barzani et les Peshmergas contre Daech. Tout le monde doit savoir que nous ne tolèrerons pas que des groupes affiliés au PKK, qui attaque nos villages, nos villes et nos citoyens, soient aidés militairement en Syrie ou en Irak.»
Le chef du gouvernement turc a également estimé que l’attaque de Daech contre un avion russe en Egypte est un crime contre l’humanité et qu’il n’a pas seulement visé les russes, mais l’humanité toute entière.
Pour finir, le Premier ministre Davutoglu est revenu sur les résultats des législatives du 1er novembre en Turquie, affirmant que la stabilité l’a remporté.
Davutoglu a affirmé que dans les deux semaines à venir, de nombreuses réformes seront annoncées au niveau économique et politique, précisant qu’il prévoit de rencontrer les différents leaders politiques prochainement.