Turquie

Erdogan: "Une mise à jour de l'OTAN est incontournable"

Le Président turc a insisté sur l’importance, pour la Turquie, que les pays membres de l’OTAN, alliés d’Ankara, reconnaissent les organisations classées terroristes par la Turquie comme telles.

Tuncay Çakmak   | 03.12.2019
Erdogan: "Une mise à jour de l'OTAN est incontournable"

Ankara

AA - Ankara - Tuncay Çakmak

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, estime, au vue des nouvelles menaces, qu’une réforme de l’OTAN est "incontournable".

Le Chef de l’Etat turc s’est exprimé, mardi matin à Ankara, avant son départ pour Londres où il participera au Sommet de l’OTAN qui célèbre son 70ème anniversaire.

Les débats autour du rôle et de la mission de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord font rage ces dernières semaines, notamment suite aux déclarations du président français, Emmanuel Macron, qui a parlé de "mort cérébrale de l’OTAN".

Ce dernier a également estimé que l’OTAN ne pouvait pas accepter de soutenir la Turquie en Syrie suite à l’opération Source de Paix, "qu’elle a lancé sans prévenir personne".

Dans ce contexte, le sommet de Londres est très attendu et les attentes de la Turquie en matière de solidarité dans la lutte contre le terrorisme sont au centre des sujets délicats.

Pour le président turc, "une mise à jour de l'OTAN est incontournable en fonction des menaces actuelles". Mais il rejette le constat avancé par son homologue français.

"Nous avons l'obligation, avec tous les pays membres, d'assurer un changement [dans l'OTAN] qui assure une posture de principe et déterminée contre les groupes terroristes", a-t-il estimé.

Erdogan a, dans ce sens, critiqué les alliés qui remettent en cause le fonctionnement de l’OTAN, alors qu’ils devraient chercher à le perfectionner et le réformer.

"Nous attendons des pays membres qu'ils œuvrent pour rendre l'OTAN plus forte contre les menaces communes plutôt que de chercher des alternatives", a-t-il lancé.

Le Chef de l’Etat turc a également été très ferme contre ceux qui remettent en cause la place de la Turquie dans l’Alliance atlantique, rappelant le rôle et l’importance de la Turquie au sein de l’institution.

"Même si certains milieux cherchent à faire de l'ombre à notre appartenance à l'OTAN, notre position et notre posture sont claires", a-t-il dénoncé.

Et de rappeler : "La Turquie est le seul pays qui a combattu Daech, au corps à corps, sur le terrain en Syrie, mettant le groupe terroriste en déroute."

Il a insisté sur l’importance, pour la Turquie, que les pays membres de l’OTAN, alliés d’Ankara, reconnaissent les organisations classées terroristes par la Turquie comme telles.

"Si ce n’est pas le cas, que personne s’en offusque, mais nous nous opposerons à toute décision conjointe", a-t-il prévenu.

Recep Tayyip Erdogan s’est ensuite exprimé sur l’accord signé la semaine dernière avec la Libye, délimitant les juridictions maritimes entre les deux pays.

Certains pays, comme la Grèce ou la France, s’insurgent contre cet accord.

"La Grèce peut prendre des mesures, nous avons également le droit de le faire. Nous ferons toujours tout ce qui est nécessaire", a-t-il assuré, avant de critiquer vivement la position de la France sur le sujet.

"Ce développement en Méditerranée Orientale, notre accord avec la Libye, peut fortement déplaire à la France. Cet accord est un droit souverain de la Libye et de la Turquie. Nous ne discuterons pas de nos droits souverains avec eux. Nous allons clairement leur dire", a-t-il expliqué.

"La Turquie ne discutera pas, autour de la table, avec d’autres pays, de l’usage de ses droits souverains", a-t-il conclu.

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