AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Nous sommes obligés de libérer la science des tutelles de l'Etat, de la politique, du judiciaire, et aussi de l'influence sociale'', a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.
S'exprimant à la Cérémonie de remise des prix spéciaux du Conseil de la recherche scientifique turc [TUBITAK], organisée sous l'égide de la présidence de la République à Ankara, Erdogan a souligné que le niveau actuel de la recherche en Turquie ne reflète pas le potentiel du pays.
Les recherches scientifiques ne pourront pas progresser dans un pays, quels que soient le budget consacré et les mesures incitatives, sans une atmosphère propice, a insisté Erdogan.
Le climat peu favorable pousserait par ailleurs les jeunes chercheurs à quitter le pays, selon Erdogan, qui a souligné à cet égard la nécessité de rétablir un climat plus propice et de libéraliser la science.
D'autre part, le TUBITAK lui-même a été victime d'''une entité secrète qui s'y est sournoisement développée'', a noté le président turc. Cette entité ''s'y est répandue comme une tumeur, l'a dominé et a commencé à servir d'autres objectifs''.
''Nous souhaitions que le TUBITAK contribue à la science, mais il a malheureusement fait partie d'un plan félon comme servir les services secrets étrangers, à travers la mise sur écoute du président, du Premier ministre, du chef d'Etat-major et des ministres de son propre pays'', a précisé Erdogan.
D'après Erdogan, ce problème se posera désormais moins pour la Turquie qui ''a gagné sa lutte contre l'organisation parallèle'', accusée d'infiltrer plusieurs institutions juridiques, dont le TUBITAK.
''Cela a été une lutte pour la liberté. [L'organisation parallèle] était un obstacle devant nous, a poursuivi Erdogan. Maintenant que nous l'avons surmonté, la politique, l'économie, la politique étrangère, la vie sociale ainsi que l'éducation et la science sont devenues plus libres''.
Le gouvernement fait de l'innovation une priorité, a noté Erdogan ajoutant qu'ils envisagent de relever la part de la recherche et du développement à 2% du PIB.
Erdogan a fait remarquer à cet égard que malgré le niveau actuel inférieur à 1%, le secteur privé investit de plus en plus dans le domaine.
Un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs, proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, œuvrerait à saper le gouvernement en s'ancrant de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le gouvernement actuel appelle ce réseau "l'organisation parallèle''.