Ferdi Türkten,Ayvaz Çolakoğlu
02 Janvier 2020•Mise à jour: 02 Janvier 2020
AA - Ankara
Plus de 200 000 réfugiés syriens se dirigent vers les frontières de la Turquie, qui accueille déjà des millions de réfugiés, a déclaré jeudi le président Recep Tayyip Erdogan.
"200 000 à 250 000 réfugiés se dirigent vers notre frontière. Nous essayons de les contenir, mais ce n'est pas une tâche facile. C'est difficile, car vous avez affaire à des vies humaines", a déclaré Erdogan lors d'un événement à Ankara, la capitale de la Turquie.
Le président a remis en question l'approche humanitaire des pays qui s'opposent aux étrangers dans leurs villes, à un moment où la Turquie accueille 5 millions de réfugiés, dont 4 millions de Syriens.
Depuis le début, en 2011, de la sanglante guerre civile en Syrie, la Turquie a accueilli des millions de Syriens qui ont fui leur pays, devenant ainsi le premier pays d'accueil de réfugiés au monde.
Ankara a jusqu'à présent dépensé 40 milliards de dollars pour les réfugiés, selon des chiffres officiels.
Evoquant les manifestations en cours en France contre un projet de réforme des retraites, Erdogan a déclaré: "Les villes occidentales qui ont été les soi-disant symboles de la justice, de l'ordre et de la liberté, se sont soudainement transformées en prisons à ciel ouvert."
La France dispose actuellement de 42 régimes spéciaux de retraite, mais le gouvernement a proposé d'unifier ces systèmes en un seul régime de retraite universel.
Le plan prévoit la suppression des privilèges accordés aux fonctionnaires et porte progressivement l'âge de la retraite de 62 à 64 ans, une décision qui devrait affecter de nombreux secteurs.
Erdogan a déclaré que la sécurité dans une ville est importante et que les principales responsabilités d'un gouvernement de prendre les mesures nécessaire pour garantir l'ordre public.
"Personne ne croira en votre sincérité si vous prenez parti pour ceux qui tentent de semer le chaos dans les rues d'Istanbul, mais que vous prenez des mesures radicales lorsque les mêmes incidents se produisent à Paris, Londres, Berlin et New York", a-t-il lancé.
Erdogan a également critiqué la Ligue arabe qui a adopté une résolution qui rejette ce qui a été défini comme "l'ingérence étrangère en Libye", en référence à un récent accord maritime et militaire signé entre la Libye et la Turquie.
"La Turquie accueille qui en ce moment? Presque l'ensemble des 4 millions de réfugiés qui viennent dans notre pays sont des Arabes, des Arabes de Syrie. Il y a 350 000 Kurdes parmi eux", a déclaré Erdogan, ajoutant que la Turquie fournit non seulement un abri sûr à ces réfugiés, mais leur fournit également de la nourriture et des soins.
"Vous êtes en sécurité dans la mesure où vous attachez de la valeur à votre peuple et à ceux qui se réfugient dans votre pays", a insisté Erdogan.
Le 27 novembre, Ankara et le Gouvernement libyen d'entente nationale, reconnu par la communauté internationale, ont signé deux pactes distincts: l'un sur la coopération militaire et l'autre sur les frontières maritimes des pays de la Méditerranée orientale.
Depuis l'éviction du défunt dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est divisée en deux parties: l'une dans l'est de la Libye, soutenu principalement par l'Égypte et les Émirats arabes unis, et l'autre à Tripoli, qui jouit d'une reconnaissance internationale.