AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'il suivra de près l'affaire du viol puis du meurtre atroce de la jeune étudiante, Ozgecan Aslan.
Le chef de l'Etat s'est exprimé lors d'une cérémonie de remise de prix, lundi à Ankara.
"Les auteurs de cette atrocité, de ce massacre sauvage ont été arrêtés, a-t-il dit, notant que la Turquie fait face à un problème de violence contre les femmes. Je poursuivrai personnellement l'affaire pour qu'ils soient condamnés aux peines les plus lourdes."
La police turque a retrouvé le 13 février courant le corps calciné d'une femme dans une forêt d'un village proche de la ville de Tarse (province de Mersin-Sud de la Turquie).
Les tests ADN ont permis d'identifier la victime âgée de 20 ans, étudiante en psychologie, déclarée disparue par sa famille trois jours avant que son corps ne soit retrouvé.
L'enquête a permis d'arrêter le suspect, un conducteur de bus, qui a reconnu les faits, expliquant qu'il a attiré la victime dans une zone déserte pour la violer, et que face à la résistance dont elle a fait preuve il l'a d'abord poignardée plusieurs fois, l'a frappée avec une barre de fer puis a mutilé ses mains au niveau des poignets, avant de la brûler "pour effacer toute trace de son ADN".
Erdogan a ensuite commenté les actes terroristes et la structure des Nations Unies (ONU).
"Nous ne pouvons jamais édifier une civilisation et une prospérité qui reposent sur les larmes et le sang des gens de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine, a-t-il lancé. C'est pourquoi nous insistons sur la Syrie, l'Egypte, la Palestine, la Birmanie. C'est pourquoi nous crions que le monde est plus grand que les cinq."
Rappelant que le Conseil de Sécurité de l'ONU est commandé par ses cinq membres permanents, Erdogan a poursuivi: "Les 191 autres membres de l'Assemblée générale dépendent de la bouche de ces cinq pays. Comment peut-il s'agir d'un système de justice? Peut-il s'agir d'un monde de libertés? Non, cela ne se peut."
"Quand nous avions dit 'one minute' à Davos, nous l'avions dit non seulement à Israël, mais aussi dans le but de protéger tous les oppressés dans le monde, a expliqué Erdogan. Et lorsque nous nous sommes adressé au président Obama après le meurtre de nos trois frères et soeurs turkmènes syriens, tués dans leur domicile aux Etats-Unis, nous appelions le monde entier à la conscience. Nous estimons que la valeur humaine n'a pas de rapport avec la croyance, le pays, la race, la couleur de peau. Nous trouvons inacceptable que ceux qui se soulèvent contre le meurtre de douze personnes à Paris, restent muets devant le massacre de 350 000 innocents."
En 2009, le président Erdogan, alors Premier ministre, avait quitté le Forum économique mondial de Davos en lançant "Je ne pense pas que je reviendrai à Davos", à la suite d'une polémique avec l'ancien président israélien Shimon Peres, dont il avait critiqué le gouvernement pour avoir tué des civils palestiniens.
Par ailleurs, Deah Barakat, 23 ans, son épouse Yusor Mohammad Abu-Salha, 21 ans, et la sœur de celle-ci, Razan Mohammad Abu-Salha, 19 ans, ont été abattus la semaine dernière, dans leur maison située à Chapel Hill en Carolie du Nord.
La police locale a arrêté leur voisin, Craig Stephen Hicks, et l'a inculpé de trois meurtres au premier degré.