Furkan Naci Top,Ayvaz Çolakoğlu
07 Décembre 2017•Mise à jour: 07 Décembre 2017
AA - Athènes - Ayvaz Colakoglu
"Nous souhaitons surmonter les différends par le dialogue avec Aléxis Tsípras. Lançons un nouveau processus, ouvrons une nouvelle page. Que la Turquie et la Grèce puissent rapidement édifier ensemble un nouvel avenir", a souligné le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan a accordé une interview, mercredi, à la chaîne de télévision grecque "Skai TV" au cours de laquelle il a abordé les relations entre les deux pays.
Le chef de l'Etat turc a d'abord fait référence à la situation des terroristes du FETO, auteurs de la tentative de coup d'état du 15 juillet et responsables de la mort de 251 civils innocents, réfugiés actuellement en Grèce et dont la justice grecque n'a toujours pas autorisée l'extradition vers la Turquie précisant que dans le cas contraire, les autorités turques auraient rapidement fait le nécessaire pour renvoyer des terroristes recherchés par la Grèce.
"Si des terroristes du "17 novembre", qui ont sévi en Grèce, avaient été interpellés en Turquie, nous aurions été tenus de vous les extrader. On attend la même attitude de votre côté. La Turquie et la Grèce ont beaucoup souffert des coups d'état. Nous ne pouvons pas rester observateur après un tel putsch" a t-il lancé.
Rappelant qu'une "justice qui tarde n'est plus une justice", Erdogan a spécifié que les extraditions entre les pays devaient se faire selon les accords, sans forcément passer par la justice, dans le but d'accélérer les processus.
Erdogan a insisté sur le fait que certains milieux tentent de porter atteinte au pouvoir turc en insinuant que "des putschistes seraient démocrates et qu'un président élu au premier tour avec 52% des suffrages ne le serait pas, que des personnes qui insultes et manquent de respect à longueur de journées seraient de parfaits démocrates mais qu'un pouvoir qui autorise et encadre une marche de protestation entre Ankara et Istanbul, sous l'état d'urgence, ne le serait pas".
"Ils pensent pouvoir nous affaiblir en agissant de la sorte, mais n'y parviennent pas. En ce moment, nous sommes le parti le plus puissant de Turquie", a t-il affirmé.
Sur la question syrienne, Erdogan a indiqué que les relations avec les Etats-Unis traversent une période de turbulence.
"Nous aurions voulu travailler ensemble sur le dossier syrien et irakien. Nous l'avons exprimé lors de nos entretiens téléphoniques, mais pour le moment ça n'avance pas de leur côté. En ce moment, nous discutons avec la Russie et des mesures positives ont été prises sur le terrain" a t-il dit.
Au sujet des relations entre la Turquie et la Grèce, Erdogan a déclaré, "Mon message pour le peuple grec est le suivant, nos mauvaises relations c'est révolu, c'est du passé".
"Actuellement, vous avez deux pays qui collaborent dans de nombreux domaines et qui sont liés par un Haut conseil stratégique. Les peuples turc et grec doivent désormais être plus solidaire et éprouver une affection réciproque", a-t-il relevé.
"Nous souhaitons surmonter nos différends par le dialogue avec Aléxis Tsípras. Démarrons un nouveau processus, ouvrons une nouvelle page. Que la Turquie et la Grèce puissent rapidement se construire un nouvel avenir" a t-il insisté.
A une question sur le traité de Lausanne, Erdogan a souhaité qu'une révision de ce traité soit faite, une révision qui serait autant bénéfique à la Turquie qu'à la Grèce.