AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Dans le cadre de l'opération contre les écoutes téléphoniques illégales, 3 329 personnes font l'objet d'une enquête tandis que 510 policiers sont suspendus de leurs fonctions et 251 autres ont été démis de leurs postes, a informé le ministre de l'Intérieur turc, Efkan Ala.
Ala a commenté l'opération qui porte sur l'écoute illégale de plusieurs téléphones, lors de son intervention mercredi à la Table d'Editeurs de l'Agence Anadolu à Ankara. Parmi les personnes mises sur écoute, figuraient notamment le président Recep Tayyip Erdogan, le président de la Cour constitutionnelle Hasim Kilic, le Premier ministre Ahmet Davutoglu, le chef de l'Etat-major Necdet Ozel, le vice-Premier ministre Bulent Arinc et des membres du Conseil de sécurité nationale.
Un réseau d' "organisation parallèle" dirigé par le mouvement de Fethullah Gülen, personnalité religieuse en exil volontaire aux Etats-Unis, aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement.
Des bureaucrates proches de ce mouvement auraient pris part à la mise sur écoute illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont les téléphones protégés des hauts dirigeants de l'Etat. C'est ainsi que des allégations de corruption impliquant des ministres, auraient émergé en décembre 2013.
En outre, des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et des employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour de tels buts d'espionnage.
En 2012, 250 000 personnes avaient été mises sur écoute, a fait savoir le ministre. Il a précisé à cet égard: ''Si une personne parle avec dix autres, ça fait 2 500 000 personnes, elles étaient toutes écoutées. Disons vingt personnes et non dix - impossible que ce soit moins - ça fait 5 millions d'individus.''
''Qui est ciblé? Le président de la République, le Premier ministre, le chef d'Etat-major, la Cour constitutionnelle, des commandants, des ministères, les Services de renseignement, les Affaires étrangères, des organisations de la société civile, leurs présidents et leurs enfants, les Affaires religieuses, des hommes d'affaires, des partis politiques, des bureaucrates, des procureurs, des journalistes, des personnes qui ne font pas partie de cette organisation. C'est incompréhensible'', s'est-il insurgé.
Efkan Ala a par ailleurs parlé de la découverte d'un appareil d'écoute dans le bureau du Premier ministre: "Ils ont installé des appareils d'écoute dans le bureau de l'ancien Premier ministre, avec l'argent même de l'Etat, consacré à la protection de l'Etat. Il s'est avéré que l'appareil nouvellement inventé, avait été vendu à un seul acquéreur, au Département de Renseignement de la Police. C'est inadmissible. (...) Il s'est avéré après pourquoi tous ces actes."
Le ministre turc s'est aussi interrogé sur ce que l'organisation parallèle peut faire avec des mises sur écoute: ''Que pourrait-elle faire en mettant sur écoute le Premier ministre, les Services de renseignement, en arrêtant les camions d'aide? Qu'aurait-elle à empêcher le processus de résolution? Est-ce une organisation de service de renseignement?'', s'est-il demandé.