AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Je suis prêt à entreprendre toute négociation devant le peuple tant que cela ne porte pas atteinte aux fondements et aux principes politiques de l'AK Parti'', a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
S'exprimant mercredi sur la chaîne publique TRT, dans une première allocution télévisée après les élections législatives du dimanche dernier, Davutoglu s'est dit prêt à toute négociation avec les partis politiques pour former une coalition en vue d'éviter un vide de gouvernance.
''Aucun dysfonctionnement gouvernemental n'est à craindre", a-t-il ainsi souligné. ''Les marchés, les hommes d'affaires, les syndicats et les organisations de la société civile peuvent être tranquilles. Je fais appel à tout le peuple turc, nous respecterons tous les résultats. Nous en tirerons le message et continuerons ainsi''.
Davutoglu a aussi commenté en détail les résultats des élections législatives qui n'ont pas donné au Parti pour la justice et le développement (AK Parti), une majorité lui permettant de former seul le gouvernement, une première depuis 2002.
''Nous avons dit au peuple que la coalition ne serait pas un bon choix. Pourtant, le peuple a opté pour une coalition. Nous ne pouvons pas remettre en question son choix et agirons conformément à sa volonté'', a ainsi noté le Premier ministre.
Se montrant ouvert aux négociations politiques, Davutoglu a insisté: ''Je rencontrerai chaque parti de l'opposition, pour l'intérêt du pays, dans le cadre des principes éthiques. Nous sommes prêts à discuter de tout''.
Davutoglu a cependant rejeté la possibilité de former une coalition peu solide, en prélude à des éventuelles élections anticipées.
''Je ne juge pas éthique de lancer un processus de coalition théâtrale alors que l'on parle déjà d'élections anticipées. Je ferai de mon mieux et négocierai avec tout le monde. Mais le pays ne serait pas dirigé par un gouvernement intérimaire, si aucune négociation politique n'aboutit. Le Parlement ne serait pas fermé non plus. Dans ce cas-là, nous recourions à nouveau à l'avis du peuple. C'est le peuple qui donne les instructions'', a précisé Davutoglu.
Il a aussi fait savoir que l'AK Parti cherche de son côté les raisons qui ont poussé une partie de ses électeurs traditionnels à voter pour d'autres partis politiques, dès lors que le parti, toujours vainqueur pour la quatrième fois consécutive, a perdu près de 10% des voix qu'il avait auparavant.
''Nous avons franchi le premier pas pour un renouveau au sein de l'AK Parti. Nous menons une grande enquête pour trouver la réponse à deux questions: Quelle est l'erreur que nos électeurs ont constaté chez nous? Quelle est la configuration la plus adéquate pour les électeurs? La coalition n'est pas un jeu solitaire, leurs choix comptent aussi'', a-t-il indiqué.
D'autre part, Davutoglu a fait appel au Parti démocratique des peuples (HDP), qui fait sa première entrée au Parlement, en recueillant plus de 13% des voix. Il a ainsi appelé le parti à prendre ses distances par rapport au PKK.
''Le HDP n'a qu'une seule chose à faire: Ses co-présidents qui se présentent comme des 'symboles de la paix' devront appeler le PKK à déposer les armes'', a conclu Davutoglu.