Sarp Özer
01 Décembre 2015•Mise à jour: 02 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré que les déclarations et les décisions russes vis-à-vis de la Turquie sont à l'origine de l’existence d’une crise Turquie-Russie.
Davutoglu a répondu aux questions des journalistes, mardi, avant son départ pour la République Turque de Chypre Nord (RTCN).
«Les accusations non fondées et diffamatoires concernant la Turquie, dont l'allégation de l'achat du pétrole de Daech, cherchent à camoufler la violation de notre espace aérien. La crise syrienne n'est pas une crise Turquie-Russie, ni une crise Russie-OTAN, mais avoir continué sur cette lancée est aujourd'hui la cause d'une crise Turquie-Russie", a affirmé le Premier ministre.
Pour le Premier ministre turc, la question de l’avion russe abattu pour violation de l’espace aérien de la Turquie ne devrait pas avoir de conséquences graves sur les relations entre les deux pays.
«Les relations Turquie-Russie sont gagnantes pour les deux parties, c’est pourquoi nous devons éviter de les dégrader, mais en même temps, nous ne pouvons tolérer que notre espace aérien soit violé», a-t-il déclaré.
«Nos forces armées sont chargées de protéger notre territoire et nos frontières, et elles le feront à chaque fois que cela sera nécessaire», a-t-il expliqué.
Concernant la situation à Chypre, Ahmet Davutoglu a indiqué que les négociations en cours sont probablement la dernière chance pour aboutir à une conclusion sur l’île.
«Désormais chacun doit mobiliser tous ses moyens pour une solution basée sur les principes des Nations Unies, qui assurera l’égalité politique et qui garantira l’existence des deux parties», a-t-il dit.
Davutoglu a indiqué que la Turquie soutient pleinement la recherche de solution à Chypre, rappelant que la partie turque de l’île avait voté "OUI" au Plan Annan en 2004, contrairement à la partie grecque.
«Les négociations sur Chypre sont actuellement les seules discussions qui avancent positivement alors que le monde est confronté à de très sérieuses crises», a-t-il fait remarquer.
«J’espère que nous arriverons très prochainement à une solution voulue et acceptée par les populations des deux parties de l’île», a-t-il encore dit.
Par ailleurs, le Premier ministre turc a voulu répondre aux polémiques qui ont suivi l’assassinat du Bâtonnier de l’ordre des avocats de Diyarbakir (sud-est), Tahir Elci, tué samedi par des terroristes, alors qu’il tenait une conférence de presse à Diyarbakir.
"Si monsieur Demirtas [co-président du Parti Démocratique des Peuples, HDP] a quelque chose à dire, qu'il s'adresse aux terroristes qui attaquent les équipes d'enquête sur l'assassinat de Tahir Elci», a-t-il répondu.
«Dans le cas contraire, en se positionnant derrière ou à côté des terroristes, il serait en position de colaborer avec ceux responsables de l’assassinat de Tahir Elci", a-t-il lancé.
Le chef du gouvernement a sévèrement dénoncé les spéculations autour de ce crime audieux, qui a également couté la vie à deux policiers.
"Je m'adresse à ceux qui spéculent sur cette affaire, s'ils veulent vraiment que la lumière soit faite, peuvent-ils m'expliquer pourquoi les équipes de la police et du parquet sont la cible d'attaques à chaque fois qu'elles se rendent sur les lieux?", a-t-il demandé.
«S'il y a quelqu’un qui veut dissimuler la vérité dans cette affaire, ce sont ceux qui sont derrière cette attaque perpétrée par des terroristes du PKK présents à une centaine de mètres de là», a-t-il expliqué.
Concernant les déclarations de Selahattin Demirtas, affirmant que Tahir Elci a été tué par une balle de la police, le Premier ministre turc a conclu en demandant si Demirtas avait les preuves de ce qu’il avance, et s'il il a fait une enquête sur les lieux du crime.