AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''L'utilisation ostentatoire des symboles islamiques par les auteurs de cet acte laisse entendre qu'il s'agit d'une tentative de manipulation de l'opinion publique'', a déclaré le président de la Direction turque des Affaires religieuses, Mehmet Gormez, à propos de l'attentat qui a ciblé mercredi le siège du journal satirique Charlie Hebdo à Paris, faisant douze victimes.
Selon Gormez, l'incident meurtrier de mercredi est une attaque contre toutes les personnes qui ''se soucient de la paix mondiale'', quelle que soit sa confession.
''En faisant les assassins clamer des symboles de notre religion, ces manipulateurs se moquent non seulement de l'esprit des musulmans mais surtout de celui de l'Occident'', a souligné Gormez.
Les auteurs de l'attentat, les agents provocateurs et ''ceux qui les utilisent comme des pions'', ne peuvent avoir ''aucun respect envers Dieu'' ou ''aucune appartenance à une religion'', a-t-il affirmé.
Selon le dirigeant religieux, ceux qui provoquent les hostilités en Irak, Syrie ou en France et cherchent à semer la peur, ''ne peuvent pas en tirer des bénéfices''.
''Ce massacre, perpétré soi-disant dans un 'esprit de vengeance' au nom du prophète Mahomet est une attaque ouverte contre les valeurs suprêmes par lesquelles il (le prophète) a contribué à l'humanité'', d'après Gormez.
''Il s'agit d'une attaque directe contre l'islam et les musulmans'', a-t-il insisté.
Signalant le risque d'une réaction contre les musulmans en Occident, Gormez a indiqué que chaque remarque qui établit un lien direct entre l'islam et l'attentat est ''aussi dévastatrice'' que cet acte de violence.