Meltem Bulur,Nazlı Yüzbaşıoğlu,Ayşe Sarıoğlu,Tuncay Çakmak
25 Juillet 2016•Mise à jour: 26 Juillet 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que si les Etats-Unis n’extradent pas Fethullah Gulen, les relations entre les deux pays se dégraderont forcément.
Cavusoglu a répondu lundi, aux questions des journalistes de la chaîne privée turque HaberTurk, concernant la tentative de coup d’Etat du 15 juillet.
Cavusoglu a affirmé qu’il n’est pas pensable que les pays étrangers et la communauté internationale ne sachent pas que l’organisation terroriste FETO, dont le chef Fethullah Gulen vit aux Etats-Unis, est l'instigateur du coup d’Etat raté du 15 juillet en Turquie.
Il a rappelé que la Turquie a fait parvenir quatre dossiers pour l’extradition de Gulen aux autorités américaines.
«Je ne veux pas imaginer le scénario négatif, mais nos citoyens commencent sérieusement à protester contre la position des Etats-Unis. Ils ne comprennent pas comment un pays allié stratégique peut encore garder le chef d’une telle organisation terroriste. Une réelle hostilité à Washington voit le jour dans notre pays. Ceci n’est pas bon pour les deux pays. Si l’extradition n'aura pas lieu, il est certain que nos relations se dégraderont», a-t-il dit.
«Ce n’est pas une attaque terroriste banale à laquelle nous avons fait face. Il s’agit d’une organisation terroriste qui a entrepris un coup d’Etat. Si les Etats-Unis n’extradent pas Gulen, je le dis clairement, nos relations seront affectées. Ce n’est pas une menace, mais nous pensons que dans un cas similaire, les Etats-Unis formuleraient les mêmes attentes», a-t-il poursuivi.
Mevlut Cavusoglu a rappelé que le ministre de la Justice Bekir Bozdag, et lui-même se rendront prochainement aux Etats-Unis pour discuter de la demande d’extradition de Gulen.
Par ailleurs, concernant la fuite de huit soldats putschistes en Grèce, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que, selon le droit international, les putschistes ne peuvent pas bénéficier de l’asile politique.
«Ils ne peuvent pas bénéficier de ce statut. Nous attendons donc de la Grèce d'achever ce processus judiciaire au plus vite et qu’ils nous renvoient ces personnes», a-t-il dit.
Au sujet des réactions internationales et européennes concernant les opérations contre les membres de FETO au sein des institutions publiques et les débats autour de la peine de mort, le chef de la diplomatie turque a répondu :«Monsieur Jean-Claude Juncker [Président de la Commission européenne] nous a menacé de rompre immédiatement les négociations d’adhésion si la peine de mort devait être rétablie en Turquie. Il n’a pas le droit de nous menacer de cette manière. Nous ne les laisserons pas nous menacer de cette sorte.»
«Ils sont libres de dire ce qu’ils pensent de la peine de mort, mais s’ils nous menacent de cette manière, les choses se retourneront contre eux, Juncker n’est pas le patron de la Turquie», a-t-il ajouté.
Cavusoglu a expliqué que la Turquie informe de manière transparente ses partenaires internationaux sur la situation interne, avant d’ajouter que le Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland viendra prochainement en Turquie.