Mümin Altaş,Nur Asena GÜLSOY
07 Mars 2018•Mise à jour: 07 Mars 2018
AA – Ankara – Nur Gülsoy
La Turquie attend à ce que les États-Unis interviennent dans le transfert des terroristes du YPG à Afrin, a déclaré le porte-parole de la Présidence de la République de Turquie, Ibrahim Kalin.
Le porte-parole a animé un point de presse au palais présidentiel à Ankara, mercredi.
Il a commenté la situation en Syrie, ainsi que l'opération Rameau d'olivier lancée le 20 janvier par l'Armée turque à Afrin, dans le Nord-ouest du pays.
Se félicitant de la neutralisation de 2 940 terroristes dans cette zone, Kalin a abordé les informations diffusées récemment sur le transfert des éléments du YPG de Manbij à Afrin.
«Nous avons entamé les démarches officielles, a-t-il déclaré. On attend à ce que les États-Unis, surtout, interviennent et empêchent cela. Dans le cas échéant, nous avons pris les mesures sur le terrain. Il y a deux semaines, des groupes liés aux forces du régime ont tenté de s'infiltrer à Afrin et cette tentative a été déjouée. Le YPG/PYD doit en tirer des leçons.»
Insistant que l'Armée turque a pris toutes les précautions pour épargner les civils, Kalin a noté que le YPG/PYD essaie de faire d'Afrin un deuxième mont Qandil, depuis un certain temps, «et la Turquie ne le permettra pas».
Selon Kalin, l'organisation terroriste YPG/PYD empêche que des civils ne quittent Afrin, pour pouvoir se servir d'eux comme des boucliers humains, «ce qui est un crime de guerre».
Le porte-parole a aussi abordé la situation dans la Ghouta orientale, rappelant qu'une trêve de 30 jours a été annoncée par la résolution onusienne 2401, au centre-ville.
Il a regretté l'échec de la mise en œuvre de cette résolution depuis une dizaine de jours, ajoutant: «Notre président a entamé une diplomatie pour mettre fin à cette situation. Il s'est entretenu avec son homologue français, Emmanuel Macron, et russe, Vladimir Poutine. Il s'entretiendra cet après-midi avec le président iranien, Hassan Rohani. Notre but est de voir l'application correcte de la trêve.»
Kalin a insisté que son pays «a mobilisé tous les moyens pour avoir un résultat dans la Ghouta orientale, en matière de diplomatie et d'aide humanitaire».
S'exprimant aussi à propos de l'arrestation puis la libération de Salih Muslum à Prague, et son passage en Allemagne, Kalin a déclaré: «L'Europe doit se demander, que signifie le voyage libre d'un terroriste dans les capitales européennes, alors que leur pays allié, la Turquie, le reconnaît comme terroriste?»
-Relations avec l'Union européenne (UE)
Le porte-parole a annoncé qu'un Sommet Turquie-UE se tiendra le 26 mars courant.
«Nous discuteront de la candidature de la Turquie, de la libéralisation des visas, des aides aux réfugiés, de l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation, et d'autres sujets dont le racisme, l'islamophobie et les crimes de haine.»
Notant que l'adhésion à l'UE est un objectif stratégique pour Ankara, Kalin a affirmé que les pays membres doivent appliquer l'accord Turquie-UE sur les Réfugiés, signé en 2015.
«Le transfert des fonds pour les réfugiés syriens se poursuit, mais pas dans le rythme et l'efficacité escomptés, a-t-il indiqué. Pour sa part, la Turquie a achevé le travail pour un transfert plus rapide du deuxième lot de trois milliards d'euros.»
Interrogé sur la mise à feu du drapeau turc à Athènes, Kalin a déclaré: «Nous condamnons vivement la mise à feu du drapeau de la République de Turquie par le parti raciste, lors de manifestations à Athènes, le 5 mars. Nous avons entrepris les démarches nécessaires. Nous attendons à ce que les autorités identifient rapidement et poursuivent en justice les responsables de cet acte. Les pays peuvent diverger sur certains points, mais la mise à feu d'un drapeau est un crime de haine.»
Le porte-parole a conclu la réunion en abordant les sondages effectués en mer Méditerranée.
Kalin a indiqué la République turque de Chypre du Nord (RTCN) et la partie chypriote grecque avaient adopté le principe de recherche pétrolière conjointe, que la partie chypriote grecque viole souvent.
«Faisons de la Méditerranée orientale une zone de consensus et de bien mutuel, et non pas une zone de conflit et de différend, a-t-il appelé. Les parties chypriotes turque et grecque peuvent faire un travail conjoint et la Turquie soutiendra. Les travaux de sondage illégaux, violant des droits souverains, auront des conséquences et la Turquie n'hésitera pas à faire le nécessaire.»