Çiğdem Pala,Semra Orkan,Emrah Güney,Nur Asena GÜLSOY
30 Mai 2016•Mise à jour: 31 Mai 2016
AA – Istanbul – Nur Gülsoy
Le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan compare les manifestations de Paris et Bruxelles à celles du parc Gezi.
Le Chef de l'État turc a prononcé lundi, un discours durant une cérémonie d'inauguration de nouveaux bâtiments résidentiels à Istanbul.
Erdogan s'est dit inquiet des manifestations à Paris et à Bruxelles.
«Aujourd'hui ce sont Paris et Bruxelles qui brûlent, comme de nombreuses capitales européennes, elles sont confrontées à de sérieuses protestations. Ces médias internationaux qui, il y a trois ans, donnaient quasiment en direct et de manière ininterrompue les événements d'Istanbul [parc Gezi] restent aveugles et silencieux face à ces événements en Europe» , a-t-il déclaré.
Le président a regretté l'usage de la force par la Police contre les manifestants qui «font pourtant usage de leur droit de protester». Il a appelé les organisations des droits de l'Homme et les dirigeants occidentaux à être plus sensibles vis-à-vis des événements survenus.
«Ces dirigeants me donnaient alors [en 2013] tel ou tel conseil concernant les manifestations de Gezi, a-t-il rappelé. Je leurs demande maintenant pourquoi ils agissent ainsi face aux manifestants pour la liberté. Je suis très étonné par le fait que ceux qui étaient gênés par les images prises durant les manifestations de Gezi, restent silencieux maintenant face à ce qui se passe à Paris.»
Erdogan a poursuivi: «Nous redoutons que la France et les pays occidentaux ne subissent des tentatives de coup d'État comme celles du 17-25 décembre [en Turquie]. Espérons que les événements [en Europe] n'évoluent pas comme ceux que la Turquie a vécus, à savoir des manifestations provoquées par l'organisation terroriste séparatiste PKK dans le sud de notre pays.»
Les manifestations contre l'aménagement du parc Gezi avaient commencé le 28 mai 2013 et s'étaient étendus dans plusieurs provinces de la Turquie. L'administration turque estime que ces manifestations, l'organisation parallèle et l'organisation séparatiste sont liées les unes aux autres.
Un réseau d' "organisation parallèle" dirigé par le mouvement de Fethullah Gulen, personnalité religieuse en exil volontaire aux Etats-Unis, est accusé d'avoir infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement.
Des bureaucrates proches de ce mouvement auraient pris part dans la mise sur écoute illégale de plusieurs personnalités en Turquie, dont les téléphones protégés des hauts dirigeants de l'Etat. C'est ainsi que des allégations de corruption impliquant des ministres, auraient émergé en décembre 2013.
En outre, des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et des employés de la police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre 2013, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour de tels buts d'espionnage.