Mehmet Tosun,Ayvaz Çolakoğlu
24 Octobre 2017•Mise à jour: 24 Octobre 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a déclaré, "Lorsque nous menons, à l'intérieur comme à l'extérieur, la lutte contre les organisations terroristes et ceux qui les soutiennes ouvertement ou de façon dissimulée, nous devons le faire sans aucune concession sur notre vision et nos objectifs".
Erdogan a prononcé un discours, mardi, au cours de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire du Ak Parti (parti de la Justice et du Développement), dont il est également le président, dans une salle annexe de l'Assemblée Nationale à Ankara.
Le président turc a affirmé que la Turquie, actuellement à la 17 ème position parmi les plus grandes économies mondiales, est capable d'atteindre rapidement la 15 ème place.
"Lorsque nous menons, à l'intérieur comme à l'extérieur, la lutte contre les organisations terroristes et ceux qui les soutiennes ouvertement ou de façon dissimulée, nous devons le faire sans aucune concession sur notre vision et nos objectifs. La croissance de 5,1 % atteinte lors du premier semestre de l'année a permis d'améliorer l'image de notre pays au niveau international" a t-il dit.
Erdogan a poursuivi en rappelant que des reformes structurelles étaient nécessaires pour rendre l'Etat plus performant.
"Malgré toutes les réformes entreprises lors de ces 15 dernières années, nous sommes toujours face à un système étatique obèse.(...) Lors de la préparation des lois qui vont permettre la transition vers le nouveau système présidentiel nous devons procéder dans cette optique".
Il a vertement critiqué l'opposition, qu'il a présenté comme une aubaine pour le Ak Akparti mais une malchance pour la Turquie.
"S'il y a une mauvaise opinion sur la notion de laïcité en Turquie, c'est en raison de la volonté affichée par le principal parti d'opposition, depuis l'époque du parti unique, d’asseoir ce concept à une mauvaise place. C'est de l'ignorance. Si vous tentez de dresser la laïcité comme un bouclier contre les valeurs, l'histoire et la culture du peuple, bien sur qu'il y aura des mécontents. Alors qu'une conception de la laïcité qui préconise la neutralité de l'Etat face aux différentes religions est un concept que nous acceptons et pensons qu'elle doit être appliquée" a t-il expliqué.
Sur la Syrie, Erdogan a rappelé l'affaire du portrait d'Ocalan, chef du PKK, affiché à Raqqa par les éléments du PYD/YPG, et dit espérer que les américains se rendront compte de leurs erreurs et stopperons leur soutien à cette organisation terroriste, qui n'est rien d'autre que l'émanation en Syrie du PKK.
"Nous disons des vérités. Plus de 3500 camions d'armements ont été transportés dans la région. Ces armes ont-ils été utilisées à Raqqa contre Daesh ? Nous savons où elles sont stockées, sachez le bien. L'opération à Idlib est en grande partie terminée. En ce moment, nous avons sur la table le projet Afrin. Tous représentent une menace pour notre pays, et nous sommes déterminés. Tous le monde doit le savoir. Nous ne ferons aucune concession" a t-il lancé
Concernant la crise des visas entre la Turquie et les Etats-Unis, le chef de l'Etat turc a déclaré :
"Votre pouvoir se limite à prononcer des mesures de gardes à vue contre les 13 gardes du corps d'Erdogan, alors que bon nombre d'entre eux n'ont pas mis les pieds aux Etats-Unis. A placer en garde à vue un dirigeant de notre banque qui auparavant avait effectué six allers-retours aux Etats-Unis et un autre de nos citoyens. Et par la suite, de leur mettre la pression en leur déclarant "si vous dites cela, vous prendrez tant" et oeuvrer ainsi pour tenter de leur soutirer des aveux. Lorsque ces affaires seront terminées, nous saurons nous faire attendre. Et nous allons tout expliquer".