Sinan Uslu,Tuncay Çakmak
29 Septembre 2016•Mise à jour: 30 Septembre 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que la période de trois mois pour l’état d’urgence instauré après le coup d’Etat manqué de FETO du 15 juillet, n’est pas suffisante pour lutter efficacement contre l’organisation terroriste et qu’il faut, en conséquence, prolonger l’état d’urgence pour un délai de trois mois supplémentaires.
Le Président Erdogan s’exprimait, jeudi, devant une assemblée de maires de villages et de quartiers réunis à la présidence à Ankara.
Il est intervenu principalement sur la question de la lutte contre le terrorisme, l’état d’urgence et la situation en Syrie.
Le Chef de l’Etat a d'abord mis l’accent une nouvelle fois sur la gravité de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet, orchestré par l’organisation terroriste FETO.
«Entre 1012 et 1923, nous avons perdu les quatre cinquièmes de nos territoires. Le 15 juillet était la dernière tentative d’invasion contre les territoires qui nous restent. Mais notre peuple ne l’a pas permis. Il a mené une deuxième guerre pour l'indépendance», a-t-il dit.
Erdogan a ajouté que la tentative du 15 juillet était un coup d’Etat mais en même temps une attaque terroriste.
Il est revenu sur l’importance de l’état d’urgence instauré après le 15 juillet.
"L'Etat a besoin de temps pour nettoyer ses institutions des personnes liées aux différents groupes terroristes [FETO et PKK]. Nous faisons une course contre le temps. Un délai de trois mois n'est pas suffisant. C'est pourquoi, le Conseil de la Sécurité Nationale réuni hier [mercredi] a recommandé au gouvernement de prolonger l'état d'urgence pour une période de trois mois supplémentaires", a-t-il expliqué.
Le président a saisi l'occasion pour dénoncer les critiques du Parti Républicain du Peuple (CHP), qui s’oppose à la prolongation de l’état d’urgence.
"L'état d'urgence a pour but de lutter plus efficacement contre les organisations terroristes FETO et PKK. Je ne partage absolument pas l'approche du principal parti de l'opposition [CHP - Parti Républicain du Peuple,ndlr] qui estime que cette lutte peut se faire avec le fonctionnement habituel du Parlement", a-t-il affirmé.
"La France a instauré l'état d'urgence et l'a prolongé à plusieurs reprises pour une durée totale de 12 mois. Personne ne l'a critiquée pour cette décision. Attendons de voir, peut être que 12 mois ne suffiront pas non plus à la Turquie", a-t-il ajouté.
Recep Tayyip Erdogan s’est aussi exprimé sur la multiplication des attentats du PKK dans l’est et le sud-est de la Turquie.
«Les actes terroristes du PKK dont le nombre a augmenté, visent à faire baisser la pression exercée sur FETO et à faire diversion concernant la Syrie [où la Turquie mène une opération militaire, ndlr]", a-t-il estimé.
L’économie est un autre point évoqué par le président turc dans son allocution.
Concernant l'économie du pays, Erdogan a sévèrement dénoncé la baisse par l’agence de notation internationale Moody’s de la note de la Turquie.
"Ce n'est pas la réalité de l'économie turque. Notre pays poursuit ses investissements et continue à se développer. Ils sont loin de la réalité. Si vous leur donnez quelques sous, ils vous attribuent la note que vous souhaitez. Ils fonctionnent comme ça. Nous continuerons à dénoncer ce système et à dire ces réalités", a-t-il souligné.
Par ailleurs e Chef de l’Etat a annoncé que le 15 juillet sera désormais célébré chaque année comme "Journée de la démocratie et des libertés" et qu'il sera un jour férié.