Hatem Kattou
08 Février 2017•Mise à jour: 09 Février 2017
AA / Paris / Patrick Juillard
La 31ème édition de la Coupe d’Afrique qui s’est déroulée au Gabon du 14 janvier au 5 février a été couronnée par un cinquième sacre du Cameroun. En effet, les Lions Indomptables ont disposé, au terme d’une finale à rebondissement, des Pharaons, par deux buts à 1.
Voici , dans ce qui suit, les tops et flops d’une compétition qui préserve toujours son charme et fournit des surprises.
Les Tops…
Les choix d’Hugo Broos (Cameroun)
La presse camerounaise ne s’était pas privée de le critiquer dès sa nomination à la tête des Lions Indomptables au mois de février 2016. Trop vieux, pas assez expérimenté en Afrique, indigne de la charge : les griefs ne manquaient pas à l’encontre d’Hugo Broos. Le technicien est le grand triomphateur de cette CAN 2017. Confronté à la désertion de huit joueurs qui ne souhaitaient pas participer à cette CAN, le sélectionneur avait en outre décidé d’écarter Aurélien Chedjou, au même titre que les habituels bannis Stéphane Mbia et Carlos Kameni. Des cadres, tels que Nicolas Nkoulou et Vincent Aboubakar, ont été cantonnés à un rôle de remplaçant. Broos a parallèlement fait confiance à la jeune garde camerounaise, incarnée notamment par le gardien Fabrice Ondoa et l’ailier Christian Bassogog, élu meilleur joueur du tournoi. Le dosage a parfaitement fonctionné. En finale, ce sont justement Nkoulou et Aboubakar, tous deux entrés en cours de jeu, qui ont permis au Cameroun de renverser la vapeur.
Junior Kabananga (RD Congo)
Meilleur buteur d’un tournoi peu prolifique avec trois buts marqués, l’attaquant congolais Junior Kabananga a bien failli ne pas participer à cette CAN 2017. Jusqu’au dernier moment, le sélectionneur des Léopards, Florent Ibenge, a hésité à l’incorporer dans sa liste des 23. A tel point que sur les documents officiels, le numéro 6 de la RDC était attribué à Hervé Kage, le joueur avec lequel Kabananga était en balance. L’attaquant de 27 ans a été décisif durant la phase de poules. Buteur contre le Maroc (1-0), la Côte d’Ivoire (2-2) et le Togo (3-1), il a permis aux Léopards de terminer en tête du Groupe C. Meilleur buteur du tournoi avec ses trois réalisations, l’ancien joueur de Karabükspor a fait valoir sa puissance et son sens du but.
Essam El-Hadary (Egypte)
Certes, il n’a pas empêché la défaite de son équipe en finale face au Cameroun. Mais le doyen de la compétition a gardé ses buts inviolés jusqu’en demi-finales. Poussé aux tirs au but par le Burkina Faso, le portier de 44 ans a réussi deux parades décisives (1-1, 4-3 TAB). Devenu le joueur le plus âgé de l’histoire des phases finales, El Hadary restera l’un des grands hommes de cette édition 2017.
Le Burkina Faso
Eliminés en demi-finales par l’Egypte à l’issue de la séance de tirs au but (1-1, 4-3 TAB), les Etalons du Burkina Faso ont arraché la troisième place aux dépens du Ghana (1-0). Une place sur le podium amplement méritée pour l’équipe qui aura produit le jeu offensif le plus séduisant de cette CAN 2017. Les statistiques ne mentent pas : le Burkina Faso, dirigé avec expertise par le Portugais Paulo Duarte, se classe premier du tournoi au nombre d’occasions de but (43), de tirs (76) et de tirs cadrés (27).
… et les Flops
Le Gabon
Dans un contexte de crise économique et politique, les Panthères du Gabon n’auront jamais réussi à redonner le sourire à leurs compatriotes. Incapables de gagner le moindre match, mal préparés, les partenaires de Pierre-Emerick Aubameyang ont quitté le tournoi à l’issue d’un premier tour insipide. Au sein d’une formation qui manquait cruellement de fougue et d’inspiration offensive, un seul joueur a tiré son épingle du jeu, en la personne du jeune ailier Denis Bouanga, unique bonne surprise de l’équipe. Cela faisait 23 ans que le pays hôte n’avait pas été éliminé dès les poules (la Tunisie en 1994).
L’Algérie
Cela devient une mauvaise habitude : citée parmi les favoris, l’Algérie déçoit en phase finale. Son attaque (Riyad Mahrez, Islam Slimani, Yacine Brahimi…) a pourtant fière allure. Mais que pouvaient espérer les Fennecs en l’absence de jeu collectif et de consistance défensive. Passés près de la défaite d’entrée face au Zimbabwe (2-2), les Algériens ont payé leurs faiblesses contre la Tunisie (2-1). Le sélectionneur Georges Leekens, nommé en novembre dernier, a depuis démissionné. Son successeur a du pain sur la planche.
Le pelouse du stade de Port-Gentil
Avant le coup d’envoi de la CAN 2017, le secrétaire général de la CAF, Hicham El Amrani avait prévenu : la pelouse du stade de Port-Gentil « n’est pas au niveau qu’on aurait souhaité pour accueillir des matchs d’un tournoi comme la CAN ». Les matchs disputés sur ce site ont confirmé les craintes du dirigeant. Traitée jusqu’aux dernières heures précédant l’événement (des OGM produits aux Pays-Bas ont notamment été utilisés), l’aire de jeu se dérobe sous les crampons de joueurs. Certes, le Gabon ne s’est vu attribuer l’organisation de la CAN qu’une vingtaine de mois avant le début du tournoi, mais cela n’excuse pas un tel manquement.
Un tournoi peu prolifique
64 buts ont été marqués au cours de la compétition, soit exactement deux par match, ce qui en fait la Coupe d’Afrique la moins prolifique depuis 2002. Plus d’un match sur trois s’est terminé sur le score de 1-0 ou 1-1. Trop souvent, l’enjeu a pris le pas sur le jeu. En poules d’abord, puis lors des rencontres à élimination directe. Heureusement, les demi-finales, puis la finale, enlevée et renversante dans son scénario, ont permis de clore cette CAN Gabon 2017 sur une bonne note.