AA / Montréal / Hatem Kattou
La fin de semaine écoulée a connu l’épilogue des championnats de football en France et en Allemagne, avec le couronnement du PSG et du Bayern Munich, après que les compétitions de la Liga, de la Série A et de la Premier League ont connu leurs vainqueurs, au début et à la mi-mai.
Certes, l’aboutissement est similaire avec la consécration à la tête du sport roi interclubs dans l’un des cinq plus grands championnats du Vieux continent, néanmoins, le déroulé de la compétition et le parcours de chacun des gagnants a été différent.
Certains clubs ont eu la victoire facile et prévisible, ce qui a vu même la compétition friser l’ennui en l’absence d’enjeux, tandis que d’autres ont eu la vie dure pour être sacré et ont dû attendre l’ultime journée, voire les dernières minutes de cette journée fatidique pour être goûter au Saint Graal.
- Allemagne : Jusqu’au bout du suspens
Le géant bavarois, le Bayern Munich, a dû patienter jusqu’à la 34ème et ultime journée de la Bundesliga, et plus précisément l’avant dernière minute du match, pour coiffer sur le poteau le club du Borussia Dortmund, à qui pourtant une victoire à domicile suffisait avec le dernier tour de piste face à Mainz, pour s’adjuger le titre.
Mais c’était sans compter sur la ténacité du Bayern Munich, qui a connu une saison tumultueuse marquée de plusieurs fluctuations, s’agissant notamment de l’élimination en Ligue des champions face au finaliste, Manchester City, et le limogeage inexpliqué de son entraîneur, Julian Nagelsmann, au mois de mars dernier.
En effet, les coéquipiers du défenseur néerlandais Matthijs de Ligt ont bataillé jusqu’au bout en disposant samedi à l’extérieur de Cologne (2-1) grâce à un but de Jamal Musiala à la 89ème minute, tout en profitant du faux pas inattendu du BVB qui a concédé le nul face à Mainz.
Ainsi, le Bayern s’adjuge son 33ème titre de champion d’Allemagne et le 11ème titre de rang (un record absolu dans les grands championnats européens) avec 71 points à son actif, à égalité de points avec le malheureux dauphin, le Borussia Dortmund, mais avec une différence de but favorable aux Munichois (+54 contre +39).
- Italie – Napoli : un tiers de siècle plus tard
Napoli, le club phare du Sud de l’Italie, a remporté, au terme d’une disette de 33 ans et au terme de la 33ème journée de la Série A, le troisième Scudetto de son histoire, rééditant ainsi un double exploit réalisé en 1987 et en 1990, sous la férule d’un certain Diego Armando Maradona, présent en force dans le sacre de cette année, malgré sa disparition en novembre 2020.
La victoire de la « Società Sportiva Calcio Napoli » (SSC Napoli) ne peut être assimilée à un titre de championnat, banalement ou machinalement remporté par une équipe, après avoir disputé plus d’une trentaine de matchs en plusieurs mois, comme cela se fait, dans de nombreux pays du monde chaque année. Loin de là.
La victoire du Napoli est certes une victoire sportive remportée grâce à un groupe soudé, homogène et talentueux, qui est dirigé par un entraîneur discret et efficace. Mais, c’est beaucoup plus que cela.
Il s’agit d’un sacre qui dépasse la seule dimension d’un club de football, pour atteindre et toucher toute la ville vésuvienne, voire une partie de la « Botte », celle du Sud, des petites gens qui se dresse et qui prend sa revanche contre l’autre partie représentée par les clubs du Nord riche.
- Espagne – Le Barca : Retour…enfin
Quatre saisons qui se sont écoulées durant lesquelles les ‘’Blaugrana’’ n’ont pas remporté le titre de la Liga.
Il a fallu attendre le départ de Lionel Messi, le retour à la barre technique du club catalan de l’ancien maître à jouer, Xavi, et la restructuration de l’équipe, pour voir les Barcelonais remporter le titre, accaparé durant les trois dernières saisons par les deux formations madrilènes, le Real et l’Atletico.
Le 14 mai dernier, les coéquipiers de l’international polonais, Robert Lewadonski, ont, en disposant du voisin, l’Espagnol de Barcelone, par quatre buts à deux, remporté leur 27ème titre de Liga, et le 11ème depuis le début du siècle.
Il convient de souligner que le FC Barcelone, et malgré une évolution en demi-teinte en compétitions continentales, a réussi à creuser l’écart sur ses principaux poursuivants, notamment l’éternel rival, le Real Madrid, qui n’a pas réussi à résister à la cadence imposée par les protégés de Xavi, qui, à une journée de la fin, surpasse le dauphin madrilène de 11 points au classement général avec 88 points à son actif.
- France – Le PSG : un champion ennuyeux
Certes, le Paris Saint-Germain a remporté, samedi dernier, sur la pelouse du stade de la Meinau à Strasbourg le titre de champion de France de football. Certes, le club de la capitale a battu un record en remportant son 11ème titre. Néanmoins, ce titre et ce record ne suffisent pas à dissimuler un malaise au sein du PSG.
Après un début de saison imparable, le PSG, fort de son effectif parsemé de stars mondiales, était quasiment sûr de remporter ce titre, malgré son évolution en dents de scie après le retour de ses internationaux du Mondial qatari, ce qui a été fait au terme de l’avant-dernière journée avec 85 points dans son escarcelle, soit 4 de plus par rapport au dauphin, le RC Lens, auteur d’une saison époustouflante.
Le PSG, qui survole le championnat de France, depuis l’arrivée du Qatar Sports Investment (QSI) en 2011, avec 9 titres glanés depuis, ne parvient pas à gagner la Ligue des Champions, objectif affiché et tellement souhaité par les dirigeants du club et ses supporteurs.
Ces échecs à répétition à remporter le titre continental fait des titres gagnés à l’échelle locale une maigre consolation au vu de la pléiade et de la constellation des joueurs recrutés (Messi, Ramos, Neymar, Mbappé…).
Ainsi, le titre remporté samedi par le PSG est ennuyant à plus d’un titre et sans saveur, dès lors qu’il n’assouvit pas le désir du riche club français qui rêvait et envisageait d’un destin continental et mondial.
- Angleterre – Les fiers ‘’Citizens’’ : dominateurs et surs d’eux-mêmes
Le déroulement le plus paradoxal des grands championnats européens cette saison fût celui de la ‘’Premier League’’ anglaise.
En effet, après près des deux-tiers du parcours qui a vu une domination quasiment sans partage des ‘’Gunners’’ d’Arsenal, qui sont restés de solides leaders de la compétition pendant tout ce laps de temps, le dernier tiers a connu une résurgence de Manchester City conjugué à une baisse de régime du club londonien.
Indépendamment du comportement et du rendement d’Arsenal, c’est l’attitude exemplaire des protégés du technicien espagnol, Pep Guardiola, qui demeure épatante.
Outre le sacre remporté en Premier League, le troisième de rang, le cinquième au cours des six dernières saisons, le septième en 12 ans, et le neuvième dans l’histoire du deuxième club de la ville de Manchester, c’est la réussite totale de l’équipe qui suscite l’admiration de la planète foot en 2023.
Imposant une nette domination du football anglais, finaliste de la Coupe d’Angleterre (contre le voisin Manchester United le 3 juin), finaliste de la Ligue des champions (le 10 juin contre l’Inter de Milan), le club de Manchester City fait quasiment l’unanimité alliant efficacité des résultats et beauté dans le jeu.
L’efficacité est illustrée à travers le nombre de points glanés (92 points) et des buts marqués (95 buts), dont 36 réalisations pour le Cyborg norvégien Erling Haaland, à lui tout seul.
Quant à la beauté du jeu, elle se dégage à travers la seule présence du maître à jouer de l’équipe, le diable rouge belge, Kevin De Bruyne, qui avec sa vista hors pair, ses passes millimétrées et son sens de la précision demeure une pièce maîtresse dans le jeu des ‘’Citizens’’.
news_share_descriptionsubscription_contact
