AA/ Libreville/ Ismael Obiang
Les jeunes africains ont désormais leur propre facebook: un support électronique de communication et d'échange culturel baptisé « Ilemba » (la marque en gabonais).
« Premier du genre en Afrique », selon ses concepteurs, ce projet dont le siège est à Libreville (capitale gabonaise) est l'œuvre d'un groupe de jeunes âgés de 20 à 30 ans. Des jeunes désireux de voler de leurs propres ailes pour "rejoindre ceux des nations développées", au fait.
Ils ambitionnent de là, à créer une plate forme culturelle d’échange entre les Africains et le reste du monde. Quoique les moyens financiers leur manquent, ces jeunes créateurs refusent de courber l'échine et continuent à œuvrer jour et nuit, afin d'affiner au mieux une invention purement africaine « digne du respect des maîtres de la planète ».
« Mille Gabonais et trois mille utilisateurs africains, des Etats-Unis et de France surfent déjà sur ce réseau social, en attendant qu’il s’ouvre prochainement sur d’autres pays du monde. Ceci étant, la langue utilisée est le français », assure à Anadolu son fondateur Willy Mabehang, technicien supérieur en sciences informatiques.
L’aventure de Mabehang a démarré, se souvient-il, en 2012, pour un budget initial de 300 mille Fcfa (607 usd). Mais, avec beaucoup de labeur et tant de sacrifices, ce grand rêve gabonais et africain s’est finalement concrétisé, offrant aux jeunes du Gabon et du Continent en général de quoi être fiers, laisse entendre "le fondateur du Facebook africain", selon ses amis.
« C’est un réseau social ouvert au grand public. Il est à la fois accessible aux entreprises et aux particuliers. Plusieurs entreprises s’en servent déjà, pour leur communication. Des particuliers sollicitent également nos services pour une meilleure visibilité », renchérit-il.
Peu médiatisé, le premier réseau social africain n’est toujours pas très connu, même au Gabon, sa terre natale. Sani Baba, gérant d’une épicerie pourtant installé à un jet de pierre d’ « ILEMBA » le confirme : « Je n’ai aucune idée de cette affaire », rétorque-t-il à notre demande d’aiguillage pour trouver le siège.
Mais, Ilemba s’en soucie peu et poursuit sa très impressionnante montée. Il a désormais une application pour les mobiles : smartphone, tablette, etc, renseigne Mabehang.
Le nouveau-né des TIC gabonaises suscite une liesse générale parmi ses utilisateurs. « Ce réseau gabonais a les mêmes fonctionnalités que Facebook et Twitter (réseaux sociaux américains) nous l’encourageons, surtout qu’il est l’œuvre de nos compatriotes », reconnait Arnaud Nguema, abonné du réseau.
Pour Télesphore Ondo, journaliste Blogueur, « Ilemba » est venu enrichir les plateformes d’échange qui se comptent sur les doigts de la main dans un monde devenu un village planétaire. « Plus de 60% de la population gabonaise surfent sur les réseaux sociaux. Ilemba leur sera d’une grande utilité, un voile africain, si je peux dire », s’enorgueillit-il.
Pour le moment Ilemba accessible à l’adresse « www.ilemba.com » vit essentiellement des revenus publicitaires, provenant des entreprises. Ses utilisateurs parmi les particuliers s’en servent gratuitement.