AA/Monrovia(Libéria) / Evelyn T. Kabdi
A une journée de la nouvelle année, les Libériens ne savent toujours pas si des messes nocturnes seront organisées comme de coutume dans les lieux de culte.
En effet, à un moment où le spectre d’Ebola continue à planer sur le pays et que le couvre feu instauré entre minuit et six heure du matin n’a toujours pas été levé, les fidèles se retrouvent tiraillés entre les appels du cœur et ceux de la raison.
Les religieux sont quant à eux divisés et alors que certains s’opposent à toute restriction jugeant qu’il est injuste de ne pas remercier Dieu et d’annuler la messe, d'autres prônent la sagesse appelant à annuler les festivités et les messes habituellement organisées. Un choix qui permettra, selon eux, de «limiter la propagation du virus et de contourner le problème du couvre feu pour les fidèles obligés de rentrer chez eux à la fin de la messe».
Le pasteur Roland Davis a déclaré à Anadolu: «Le virus Ebola a causé beaucoup de désagréments à notre pays» ajoutant que, tenant compte du couvre feu, il a suggéré aux fidèles de son église de rester chez eux et de prier.
Les églises de tout le Libéria organisent des messes spéciales pour accueillir la nouvelle année. Des milliers de chrétiens y affluent et y passent des heures à prier, chanter et danser. Les croyants parmi eux ne commencent à quitter les églises qu’à partir de minuit. Chose qui ne peut être envisagée cette année à cause du couvre feu décrété entre minuit et six heure du matin.
Ellen Johnson-Sirleaf, présidente du Libéria avait décidé en août dernier un ensemble de dispositions visant à maitriser le virus Ebola et à limiter sa propagation dont la fermeture des frontières et des écoles et l’instauration d’un couvre feu pendant douze heures dans un premier temps et qui serait ensuite réduit à six heures.
Ebola a tué, selon le dernier rapport de l’OMS datant du 21 décembre courant, 7842 personnes dans huit pays touchés sur un total de 18603 cas. Ebola étant un virus mortel dans 90% des cas
La vague actuelle de la maladie s’est déclenchée en décembre 2013 en Guinée et s’est propagée ensuite au Libéria, au Nigéria, à la Sierra Leone et plus récemment au Sénégal et au Congo Démocratique.
Depuis novembre dernier, le Libéria a connu un recul du virus et seule quatre provinces sur les quinze que compte la pays continuent à signaler de nouveaux cas.
Le gouvernement libérien a mis en garde contre les rassemblements publics qui «risquent d’amplifier la contamination».
Alors que des églises se sont résigné à annuler leur messe de nouvel an d’autres tentent de trouver des solutions au problème du couvre feu. Tel est le cas de la paroisse de l’Espoir de Béthel, l’une des plus grandes du Libéria et qui juge que le rassemblement de la messe de "la nouvelle année est incontournable pour remercier Dieu".
Luo Pelé, évêque dans cette paroisse a déclaré à Anadolu que celle-ci a participé à la sensibilisation des fidèles au virus durant la période où celui-ci battait son plein précisant qu’aucun de ses fidèles n’est mort du virus et qu’il serait, de ce fait, «injuste de ne pas organiser de messe pour remercier Dieu ».
Il a, enfin déclaré qu’en vertu du couvre feu encore en vigueur, la paroisse a invité ses fidèles à y passer la nuit du 31 décembre.