AA/Desk/Esma Ben Said
La prise accrue de paracétamol, -ou acétaminophène-, molécule active du Doliprane, du Dafalgan et de l'Efferalgan, augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires, d’après une étude publiée dans la revue scientifique britannique Annals of the Rheumatic Diseases (ARD).
Remèdes des maux du quotidien, le paracétamol, délivré sans ordonnance, était déjà connu pour sa toxicité, notamment sur le foie, en cas d’abus manifeste.
Cette fois, les chercheurs britanniques ont découvert que prendre du paracétamol fréquemment et à forte dose (par exemple 3 comprimés de Doliprane 1000 par jour) augmenterait de 20% le risque de maladies cardiovasculaires, notamment les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et aurait aussi des conséquences sur le système digestif, avec par exemple, la formation d’ulcère, selon l’étude publiée lundi.
La dangerosité du paracétamol augmenterait avec la dose absorbée régulièrement sachant que cette dernière varie en fonction des pays, soulignent les experts.
En se fondant sur huit études existantes, les chercheurs britanniques ont, ainsi, montré un taux de mortalité accru pouvant atteindre jusqu'à 63% chez les patients consommant de manière répétée des doses importantes.
Le risque de développer des problèmes gastro-intestinaux et rénaux est également augmenté en cas de consommation régulière. Pour les problèmes rénaux, le risque est multiplié par deux en cas de prise cumulée de plus de 500g de paracétamol au cours de la vie, détaille l’étude.
Les chercheurs reconnaissent que les risques évoqués « restent faibles dans l'absolu » mais estiment que leur étude montre «que le véritable risque du paracétamol est supérieur à ce que pense actuellement la communauté médicale».
«Compte tenu de son usage important et du fait qu'il est disponible sans ordonnance, il paraît justifié de faire une revue systématique de son efficacité et de sa tolérance dans des pathologies particulières», conclut l’étude.