Ayvaz Çolakoğlu
02 Octobre 2026•Mise à jour: 02 Octobre 2026
Le virus du Nil occidental (West Nile) a fait un troisième mort en Île-de-France, où le nombre de cas a environ doublé en un mois, selon les données de Santé publique France relayées par Le Parisien.
Au 28 septembre, 23 cas humains autochtones d’infection avaient été identifiés dans la région, dont 13 formes neuro-invasives et trois décès. Des cas aviaires et équins ont également été détectés. L’été 2025 avait déjà marqué l’émergence du virus en Île-de-France. Au niveau national, plus de 145 cas autochtones avaient été recensés fin septembre dans plusieurs régions.
Le virus du Nil occidental est un arbovirus de la famille des Flaviviridae. Il circule naturellement chez les oiseaux et se transmet à l’homme et aux chevaux par la piqûre de moustiques du genre Culex. Le virus ne se transmet pas d’homme à homme. Environ 80 % des infections restent asymptomatiques, 20 % provoquent un syndrome grippal, et moins de 1 % évoluent vers des formes neurologiques graves (méningite ou encéphalite), surtout chez les personnes âgées ou immunodéprimées.
Introduit en Europe probablement par des oiseaux migrateurs venus d’Afrique, le virus s’est progressivement implanté dans le sud et le centre de l’Europe avant d’apparaître aux États-Unis en 1999, où il s’est largement diffusé.
Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), fin septembre 2026, plus de 1 700 cas humains acquis localement avaient été signalés dans 16 pays européens.
L’Italie reste de loin la plus touchée avec plus de 700 cas, suivie de la Grèce (plus de 420), de l’Espagne (environ 130), de la France (plus de 128), de la Roumanie, de la Macédoine du Nord, des Pays-Bas et de la Serbie.
Concernant les décès, l’Italie en comptait environ 54 au 22 septembre, la Grèce 41 début octobre, et les Pays-Bas 9 pour 56 cas confirmés selon le bilan du RIVM du 1er octobre.
La Macédoine du Nord a enregistré au moins 7 morts, la France au moins 3 (tous en Île-de-France), tandis que l’Espagne et la Roumanie en déploraient chacune au moins 2.
Au total, plus de 60 à 70 décès avaient déjà été rapportés à l’échelle européenne début septembre, un chiffre en progression.
Dans le monde, le virus est endémique en Afrique, au Moyen-Orient, dans certaines régions d’Asie occidentale et en Amérique du Nord. Sa circulation s’étend progressivement vers le nord de l’Europe, favorisée par le réchauffement climatique, les modifications des zones humides et les déplacements d’oiseaux migrateurs.
Les autorités sanitaires rappellent l’importance des mesures de prévention contre les piqûres de moustiques (répulsifs, vêtements longs, suppression des eaux stagnantes) et recommandent aux professionnels de santé d’évoquer ce diagnostic devant toute fièvre associée à des signes neurologiques.