Serap Doğansoy
16 Juin 2026•Mise à jour: 16 Juin 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) pourrait se poursuivre pendant encore un an et son pic n’a pas encore été atteint, a averti mardi la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), qui s’inquiète d’une propagation du virus plus rapide que les capacités de réponse.
« Nous craignons que cette épidémie ne dure encore un an avant de prendre fin », a déclaré à Genève Bruno Michon, chef des opérations de la FICR, estimant que « le pic n’est pas derrière nous, mais devant nous ».
Selon lui, le manque de capacités de diagnostic empêche d’évaluer précisément l’ampleur de la circulation du virus, tandis que les données disponibles pourraient sous-estimer la réalité de l’épidémie.
D’après les derniers chiffres communiqués par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fondés sur les données des autorités congolaises, 808 cas ont été recensés, dont 192 décès, soit un taux de létalité d’environ 24 %.
La veille, Médecins sans frontières (MSF) avait déjà alerté sur des « lacunes dangereuses » dans la réponse sanitaire, estimant qu’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie, la maladie progressait plus rapidement que les moyens déployés pour l’endiguer.
La RDC a déclaré cette épidémie le 15 mai, la 17e recensée dans ce pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants. Deux jours plus tard, l’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale.
L’épidémie est provoquée par la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible.
La FICR a également souligné les difficultés rencontrées sur le terrain. Selon Bruno Michon, des volontaires de la Croix-Rouge congolaise ont récemment été victimes d’insultes, de menaces et d’agressions physiques lors de leurs interventions.
Pour contenir l’épidémie, l’organisation estime qu’au-delà des moyens médicaux, le renforcement de la confiance des populations, l’implication des communautés locales et l’amélioration de l’accès aux zones affectées seront déterminants.