Övünç Kutlu,Ayvaz Çolakoğlu
30 Janvier 2019•Mise à jour: 30 Janvier 2019
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le gouvernement américain tente, en infligeant des sanctions sur le pétrole vénézuélien, de tourner à son avantage les équilibres politiques dans ce pays.
L'administration américaine qui réfute la légitimité du chef d'Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, a reconnu l'opposant, Juan Guaido, leader du parlement vénézuélien autoproclamé président, comme "président par intérim".
Lundi, les américains ont édicté des sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA (Petroleos de Venezuela) et toutes les entreprises ayant des liens avec elle.
La Maison Blanche vise ainsi, en plus de la pression politique, à couper les revenus pétroliers du gouvernement Maduro, des revenus qu'elle compte reverser à l'opposant Guaido afin de tourner à son avantage les équilibres politiques dans ce pays.
Les dirigeants américains ont notamment déclaré avoir gelé 7 milliards de dollars d'avoirs vénézuéliens, qui passeront sous le contrôle du leader d'opposition, Juan Guaido, et suspendu le versement des paiements pétroliers au profit du gouvernement Maduro, précisant que leur interlocuteur, dans ce domaine, sera désormais l'opposant autoproclamé président.
Les sanctions feront baisser les revenus pétroliers du Venezuela de 11 milliards de dollars selon les chiffres avancés par les États-Unis.
Guaido a, dans un temps concomitant aux annonces américaines, indiqué avoir demandé au parlement vénézuélien de nommer de nouveaux membres à la direction des raffineries de Citgo, filiale de PDVSA aux États-Unis.
Maduro a, pour sa part, affirmé que les États-Unis tentaient de voler Citgo par la voie des sanctions.
Edward Glossop, expert de l'Amérique Latine au sein du Capital Economics, organisation anglaise, a affirmé au correspondant d'Anadolu, que les revenus pétroliers du Venezuela risquaient de fortement baisser en raison des sanctions américaines.
"Le Venezuela tire 40 % de ses revenus pétroliers des exportations vers les États-Unis. Les pertes dans ce domaine vont accentuer la crise économique dans le pays", a-t-il dépeint.
Selon Glossop, les sanctions vont occasionnées une perte mensuelle d'un milliards de dollars, et souligné le fait que ce manque à gagner sera très difficile à combler même en démarrant des exportations vers d'autres pays.
Il a rappelé que des pays comme l'Inde et la Turquie soutiennent le Venezuela et qu'ils pourront continuer à lui acheter du pétrole.
Par ailleurs, il a précisé que la Chine et la Russie étaient eux disposés à prêter de l'argent au Venezuela.
Glossop a averti sur le fait que les sanctions américaines seront surement renforcées dans la durée.
"Washington peut interdire aux autres pays d'exporter du pétrole vénézuélien", a-t-il mis en garde.
Le secrétariat américain au Trésor avait indiqué que les transactions pétrolières entre les deux pays pourront continuer mais que l'argent sera transféré sur un compte bloqué.
Citgo emploie 3500 personnes aux Etats-Unis et y dispose d'un réseau de plus de 5000 stations-service.