AA/ Gao/ Moussa Bolly/ Fatouma Harber
Un militaire malien, en état d'ébriété, a tiré sur les clients d'un bar à Gao (Nord-Est) et tué le gendarme qui a voulu le mettre hors d'état de nuire, a rapporté une source militaire sous couvert d'anonymat à Anadolu.
Le militaire, auteur de l'attaque qui a fait, en outre, six blessés, est présentement enfermé à la gendarmerie de Gao, a rajouté la source.
Un jeune médecin de l’hôpital régional de Gao, qui a requis l’anonymat, a confirmé à Anadolu que cette attaque, qui s'est produite samedi soir, a fait un mort et six blessés, dont «deux militaires grièvement touchés».
Aucune indication quant à l'état de santé du prévenu ni ses motivations n'ont été enregistrés. Aucune réaction officielle n'a été enregistrée jusqu'à 13H30 GMT.
D’après d'autres sources au sein de la population, toutefois, ce sont "deux jeunes à moto" qui ont ouvert le feu sur ce bar de Gao.
«Deux jeunes à moto ont ouvert le feu sur les clients du bar Héro et ont tué un jeune homme. Ils ont blessé des civils et des militaires en civil», ont rapporté des témoins à Anadolu, dont Sidi Yaya Al Moctar, jeune leader du quartier (Aljanabandia) où cette attaque a eu lieu.
Pour ces habitants, il s’agit «certainement d’un acte terroriste vu le choix du lieu».
«Nous ne cessons d’exhorter les gens, notamment les jeunes, à la prudence en leur demandant d’éviter, pour des raisons de sécurité, les lieux de rassemblement comme les bars, les night-clubs et les manifestations folkloriques. Mais, ils ne comprennent pas toujours», déplore Sidi Yaya Al Moctar.
Pour Alhassane Maiga, enseigant dans un lycée de Gao, "c'est inadmissible que des militaires maliens partent boire de l'alcool armés et, pire, qu'ils tirent sur les gens au lieu de les proteger. Quand les djihadistes étaient ici on ne voyait pas de telles conduites" regrette Maiga.
Depuis la fin de l'intervention française en janvier 2013, Gao a vu le réseau de groupes armés se reconstituer peu à peu, laissant la ville proie à une insécurité grandissante. Ces attaques n'avaient, toutefois, visé jusque-là que des cibles militaires, notamment les contingents de la Mission onusienne au Mali, la MINUSMA.