AA / Caire / Islam Mesaad
Une organisation des Droits de l’homme affirme avoir obtenu du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, un avis juridique qui qualifie «d’abusive» l’arrestation et le jugement des douze partisans du président égyptien destitué Mohamed Morsi à Suez (nord-est). Elle indique que « les décisions qui en découlent sont illégales et contraires aux principes des droits de l’homme» et revendique leur libération immédiate.
Le directeur du bureau de la Fondation internationale des droits de l’homme en Egypte, Alkarama (non-gouvernementale basée à Genève), Ahmed Mafrah, a déclaré que « la Fondation a réussi à obtenir du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, une décision concernant la situation de 12 détenus à Suez, qui montre que leur arrestation est abusive et appelle les autorités égyptienne à les libérer immédiatement ».
Douze des partisans du président égyptien destitué Mohamed Morsi ont été arrêtés, en aout dernier, au cours de la dispersion du Sit-in de Rabaa Al Adawiya (Est du Caire). Ils ont été traduits devant un tribunal militaire pour actes de violence. Huit d’entre eux ont écopé d’une peine d’un an de prison, trois d’une peine de 15 ans et un dernier d’une peine de 25 ans.
Après ces condamnations, Alkarama a porté leur affaire à l’équipe chargée des arrestations abusives au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, en novembre 2013.
Mafrah a indiqué que la décision du Conseil, portant le numéro (10/2014), stipule que «l’arrestation des douze manifestants et leur traduction devant un tribunal militaire porte atteinte, non seulement à leurs droits à la liberté d’opinion, d’expression et de manifestation pacifique, mais viole également leur droit à un procès équitable ».
Il a précisé qu’une "copie de la décision a été remise aux familles et aux avocats des détenus pour qu’ils puissent la présenter aux autorités égyptiennes et demander son application immédiate".
La Fondation a demandé aux Autorités de respecter ses engagements et les conventions qu’elle a ratifiées.
La Fondation Alkarama avait réussi à obtenir, en décembre dernier, du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le même avis juridique concernant l’arrestation de Mohamed Morsi et de son équipe présidentielle.
Elle est également intervenue auprès de la même instance pour dénoncer l’arrestation de trois activistes égyptiens, en mai dernier. Mais cette demande n’a pas abouti.
Fondée en Suisse en 2004, Alkarama (Dignité) est une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme indépendante basée à Genève.