Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
06 Mars 2022•Mise à jour: 06 Mars 2022
AA / Tunis / Adel Thebti
Un tribunal militaire tunisien a condamné, dimanche, à une peine d'emprisonnement de 10 mois avec exécution immédiate, le député Issam Bargougui, pour plusieurs chefs d’inculpation, dont « l’atteinte à la dignité de l'armée et l’outrage au président de la République Kaïs Saïed », a annoncé une radio locale.
Selon la radio privée « Mosaïque FM », le tribunal militaire permanent de Tunis a condamné Bargougui à une peine d'emprisonnement de trois mois pour « atteinte à la dignité de l'armée nationale » ainsi qu'à une peine similaire pour avoir « imputé des faits inexacts à un fonctionnaire public ».
De plus, poursuit la même source, Bargougui a écopé d'une peine de deux mois de détention pour avoir « commis un acte ignoble (outrage) à l'endroit de la personne du président de la République et de deux autres mois pour avoir porté atteinte à autrui via le réseau public des télécommunications ».
L’ensemble de ces peines sont applicables immédiatement, ajoute la radio.
Le député du parti de la « Volonté populaire » (ancien Courant Al-Mahaba), Issam Bargougui, avait accusé, au cours d'une séance virtuelle du Parlement gelé, en date du 27 janvier dernier, le président Kaïs Saïed de « collaboration avec des parties étrangères pour saper l'expérience démocratique tunisienne ».
Bargougui avait, durant cette séance, diffusée par la chaîne de télévision privée « Nessma TV », et qui a été tenue pour célébrer le 8ème anniversaire de la promulgation de la Constitution de 2014, indiqué que « Kaïs Saïed est un président, dont la validité est périmée, dès lors qu’il a abrogé la Constitution à laquelle il avait prêté serment, et qu'ainsi, il ne bénéficie plus de l'immunité ».
La Tunisie souffre, depuis le 25 juillet dernier, d'une crise politique, lorsque Kaïs Saïed avait décidé d’une série de mesures d'exception, s'agissant entre autres du gel des activités du Parlement, de la légifération par voie de décrets présidentiels et du limogeage du Chef du gouvernement.
La majorité des forces politiques et civiles en Tunisie rejette ces mesures qu'elle assimile à « un coup d'Etat contre la Constitution », tandis que d'autres forces les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une « restauration du processus de la Révolution de 2011 », qui avait fait chuter l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali.
*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou