AA/ Tunis/ Makram Hadj Ayed
Les bureaux de vote ont ouvert, ce dimanche, à 08:00 heure locale (07:00 GMT) pour le second tour du scrutin, au suffrage universel direct, qui permettra aux Tunisiens d'élire un président de la République, le premier depuis la révolution du 14 janvier 2011 qui a mis fin au régime de Zine al-Abidine Ben Ali.
Le second tour du scrutin présidentiel sera suivi par 88 mille observateurs, a annoncé le président de l’Instance supérieure indépendante pour les Elections (ISIE), dont 31 mille représentants du candidat Moncef Marzouki, 28 mille du candidat de Nidaa Tounès, 29 mille ONG nationales et 2000 observateurs d’instances et organisations étrangères.
Les bureaux de vote seront clos à 17:00 heure locale (16:00 GMT) et les premières estimations suivront dans la foulée.
Néanmoins, pour des «raisons sécuritaires», l’Instance électorale a jugé opportun de modifier l’horaire d’ouverture et de fermeture de certains centres de vote.
Le Président de l’instance électorale tunisienne, Chafik Sarsar a annoncé que le nombre des bureaux de vote à horaire spécifique en raison des « conditions sécuritaires » est passé de 56 bureaux lors du premier tour à 124 bureaux pour le second.
«Les bureaux seront ouverts à partir de 08:00 jusqu’à 18:00 heure locale, à l’exception de 124 bureaux situés dans les provinces de Jendouba, de Kasserine et du Kef (Ouest) qui seront ouverts de 10:00 à 15:00», a déclaré le Président de l’Instance des élections, Chafik Sarsar.
Plus de cinq millions d’électeurs tunisiens sont appelés aux urnes en vue de choisir un président de la République pour un quinquennat.
La diaspora tunisienne qui compte plus de 360.000 électeurs établis à l’étranger avait commencé à voter depuis vendredi et continuera jusqu'au dimanche inclus, dans six circonscriptions, dont deux en France.
Le taux de participation lors des élections législatives du 26 octobre a atteint 29 % pour les Tunisiens à l’étranger alors que le taux global était de 69%.
Lors du premier tour du scrutin présidentiel, le taux de participation a atteint 64,6% à l’intérieur du pays contre 29,68 % des électeurs établis à l’étranger.
Le deuxième tour de la présidentielle en Tunisie, prévu le 21 décembre courant, permettra de départager les candidats de Nidaa Tounes Béji Caïd Essebsi (39,46% des voix au premier tour) et Mohamed Moncef Marzouki, indépendant (33,43% des voix).
Pour être déclaré vainqueur, le candidat devra remporter la majorité des voix (50%+1).
Afin de garantir le bon déroulement de l'opération du scrutin, près de 100 mille soldats et policiers seront sur le-qui-vive, notamment dans les régions frontalières Ouest et Sud du pays en prévision d’éventuels attentats terroristes.
Un dispositif militaro-sécuritaire justifié non seulement par l’importance de l’événement mais aussi et surtout par de sérieuses appréhensions face a des actes de violence « terroriste ».
Des hommes alliés à l’EIIL ont revendiqué dans un enregistrement vidéo diffusé mercredi 17 décembre mais non authentifié, l’assassinat en 2013 des opposants Chokri Belaïd et de Mohamad Brahmi et proféré des menaces pour le jour du scrutin.
A cause de ces menaces, les autorités tunisiennes ont annoncé, jeudi, la fermeture de deux postes-frontière avec la Libye, Ras Jedir et Dhiba à partir de jeudi soir à minuit jusqu’à mercredi prochain, sauf pour les cas d’urgence et les situations humanitaires.
Les résultats du second tour du scrutin présidentiel seront annoncés dans un délai n’excédant pas les 24 heures à partir de la clôture des bureaux de vote, selon une déclaration de presse du membre de l’ISIE, Kamel Toujani.