AA / Tunis / Seif Trabelsi
Les estimations des experts politiques, des candidats et des activistes de la Société civile tunisienne convergent pour affirmer que le taux de participation aux élections législatives prévues, dimanche prochain, oscillera entre 35 et 40 % de la totalité des électeurs inscrits (5,2 millions).
Moez Bouraoui, président de l’association « ATID » évoluant dans le domaine du contrôle des élections, a déclaré à Anadolu, qu’il «s’attend à un taux de participation proche de 40%, soit 10 points de moins que le taux réalisé lors des élections de la Constituante de 2011, premier scrutin démocratique dans l’histoire de la Tunisie, ce qui explique l’engouement des Tunisiens à l’époque».
Abondant dans le même sens, Mahmoud Baroudi, candidat de l’Alliance Démocratique à Nabeul (Est) a indiqué avoir «constaté au cours de sa campagne sur le terrain une sorte de désaffection des électeurs pour le vote».
Dans une déclaration à l’Agence Anadolu (AA), Baroudi a imputé cette attitude aux "aspirations et aux grands espoirs des gens après la révolution de 2011" (qui avait fait chuter l’ancien président Ben Ali).
« Cependant, ces espoirs et vœux n’ont pas été, dans leur majorité, exaucés, d’autant plus que les Tunisiens en ont ras le bol de la bipolarisation et d’un paysage politique constamment tendu, ce qui contribue au peu d’intérêt accordé aux Législatives », a-t-il ajouté.
Baroudi a évalué, de son côté, le taux de participation à 40%.
Abdelwahèb H’faiedh, professeur de sciences politiques, a relevé que «l’intérêt est davantage focalisé sur l’élection présidentielle, qui aura lieu en novembre, ce qui s’inscrit dans le droit fil de la culture politique ancrée chez les peuples arabes en général ».
C’est ainsi que le politologue explique une éventuelle baisse du taux de participation aux élections législatives par rapport au scrutin du 23 octobre 2011.
H’faiedh a souligné : «Je prévois un taux de participation aux Législatives inférieur à celui de l’Assemblée Nationale Constituante ». « Le taux qui était de 52% baisserait de 10 à 15 % », a-t-il indiqué.
Un responsable du Mouvement Ennahdha, qui a préféré garder l’anonymat, a estimé, de son côté, dans une déclaration faite à Anadolu, un taux de participation entre « 35 et 40% ».
Dans le même ordre d’idées, Karim Essafi, activiste de la Société civile, notamment, dans le domaine de la sensibilisation des citoyens, a indiqué que «le tiers des électeurs inscrits n’ont pas encore décidé d’aller aux urnes ou non, dès lors qu’ils n’ont pas arrêté leur choix de la liste ou du parti en faveur desquels ils vont voter ».
Cette frange, sera «décisive» dans la détermination du taux de participation, a-t-il conclu.
Les observateurs ont mentionné un autre facteur qui influerait le taux de participation, à savoir, l’état d’esprit des électeurs au cas où le pays est secoué par des événements qui viendraient perturber l’opération électorale, tels que des actes de violence.