AA/Tripoli/ Oussama Ali
Le colonel libyen Kamel Balm, directeur du passage frontalier de Ras Jedir a déclaré, vendredi, à Anadolu, «l’activité du passage de Ras Jedir a repris son cour normal». Des raids aériens ayant visé, quelques heures plus tôt, des positions très proches du passage du côté libyen.
Le correspondant d’Anadolu a rapporté que des drones attribués au général libyen à la retraite Khalifa Haftar ont bombardé vendredi matin, une position proche du passage frontalier tuniso-libyen, Ras Jedir.
Balm a souligné que le bombardement a visé le foyer des agents du passage de Ras Jedir du côté libyen, causant la mort d’une personne et la blessure à des degrés différents de cinq autres ainsi que des dégâts matériels au niveau du bâtiment.
Des témoins oculaires avaient rapporté, de leur côté, qu’une fumée se dégageait d’une aire de repos pour voyageurs jouxtant le passage, réconvertie par les brigades "Fajr libya" en dépôt pour munitions
La région frontalière de Ras Jedir se situe à quelques kilomètres de la ville libyenne de Zuwarah visée durant les trois derniers jours par les avions de Haftar.
Des sources proches de Khalifa Haftar avaient souligné que les raids ont visé des bâtiments publics dans la ville de Zouara, utilisés par Fajr Libya en tant que dépôt d’armes et de munitions.
Meftah Chenkada, président du conseil militaire de Gharyan (ouest) proche des forces "Fajr Libya" a déclaré à Anadolu qu’un raid aérien a échoué vendredi à atteindre un camp militaire dans la ville, causant de graves dégâts au niveau du bâtiment de la faculté des sciences, situé à côté du camp militaire, sans faire de victimes humaines.
Des avions de Khalifa Haftar avaient visé lors des derniers jours par des raids plusieurs positions à Tripoli, Gharyan, Zuwarah et dans d’autres villes de l’ouest libyen. Des militaires proches de Haftar prétendent que ces villes abritent des dépôts d’armes et de munitions relevant des brigades de "Fajr Libya".
Plusieurs villes libyennes, notamment la capitale Tripoli (Ouest) et Benghazi (Est) vivent, depuis des mois, au rythme de conflits sanglants entre des milices armées qui visent le pouvoir.
La Libye subit par ailleurs une profonde crise politique entre deux courants idéologiquement opposés, à savoir le courant libéral et celui d'obédience islamique. Une crise qui a fini par donner naissance à une bipolarité gouvernementale véhiculée par deux parlements: le Congrès Général National (ancien parlement qui a repris ses séances tout récemment) et le parlement de Tobrouk (récemment disssous par décision de la cour constitutionnelle suprême).