Adil Essabiti
22 Mai 2017•Mise à jour: 23 Mai 2017
AA/ Tataouine (Tunisie)
Les forces de sécurité tunisiennes ont fait usage, lundi, de grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants qui ont tenté d'entrer dans une station de pompage de gaz et de pétrole dans la région de Kamour, dans le gouvernorat de Tataouine (sud).
Des témoins à Tataouine ont indiqué à Anadolu que des centaines de manifestants ont tenté d'entrer dans la station, lundi matin pour empêcher la reprise de ses activités. Le ministère tunisien de la Défense avait précédemment annoncé la reprise des activités de pompage, sous la protection de l’armée.
Selon le correspondant d’Anadolu, d’importants renforts sécuritaires ont été dépêchés sur les lieux, depuis hier dimanche dans la zone de Kamour, après que plusieurs protestataires aient fait irruption dans la station de pompage, samedi dernier.
La station est située à environ 110 km du chef-lieu du gouvernorat de Tataouine. Il s’agit d’un complexe pétrolier et gazier qui assure l’acheminement de ces matières vers une autre station à Skhira dans la province de Sfax.
Tataouine assiste lundi à une grève générale à laquelle a appelé la coordination du sit-in de Kamour, dans les premières heures de la matinée. Toutes les institutions gouvernementales et privées ont été fermées, à l’exception des hôpitaux, des pharmacies et des écoles primaires.
Selon le correspondant d’Anadolu, des affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants ont éclaté lundi à proximité du siège du gouvernorat de Tataouine.
Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la matinée devant le siège du gouvernorat, avant d’être dispersés par les forces de sécurité qui ont fait usage de grenades lacrymogènes.
Plusieurs protestataires légèrement blessés ont été transférés à l’hôpital de Tataouine.
Les manifestants réclament 1500 postes au sein des compagnies pétrolières opérant dans la région, et le recrutement de 3000 personnes dans la société horticole (service public), ainsi que l’attribution de 100 millions de dinars (41,5 millions de dollars USD) pour le Fonds de développement du gouvernorat.
De son côté, le gouvernement tunisien a précédemment proposé le recrutement de 1500 protestataires (dont 500 immédiatement) par les compagnies pétrolières de la région, l’embauche de 2000 autres par la société horticole, et l’attribution de 50 millions de dinars (environ 21 millions de dollars USD) au Fonds de développement de Tataouine.
Le Président tunisien, Béji Caïd Essebsi, avait annoncé, il y a une semaine que « l'armée tunisienne sera chargée de protégera les zones de production de phosphate, de pétrole et de gaz».