AA/Medenine-Tataouine/ Haythem al-Mahdhi
Toutes les villes de la province de Tataouine (sud-est tunisien) ainsi que la ville frontalière de Ben Guerdane ont observé mardi une grève générale pour dénoncer les violents évènements survenus, il y a deux jours, dans cette région frontalière avec la Libye et ayant fait un mort et plusieurs blessés.
Des manifestants sont sortis dimanche dans les rues de Dhiba et de Ben Guerdane (à la frontière avec la Libye) appelant les autorités tunisiennes à annuler la récente taxe imposée aux étrangers à l’entrée et à la sortie des passages frontaliers de Ras Jédir et de Dhiba Ouazen.
Les protestations ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre faisant un mort et plusieurs blessés. Les autorités tunisiennes ont décidé d’ouvrir une enquête sur les faits.
La grève décidée sur appel du bureau régional de l’UGTT (Union Générale Tunisienne du travail- le plus grand syndicat tunisien) et le bureau local de Ben Guerdane a été, selon le correspondant de Anadolu, observée dans toutes les institutions publiques et privées à l’exception des hôpitaux, des cliniques privées et des pharmacies.
Toujours selon le correspondant de Anadolu deux marches populaires sont sorties mardi respectivement à Tataouine et à Ben Guerdane.
Saber al-Medenini, gouverneur de la province de Tataouine a déclaré au correspondant de Anadolu qu’une délégation ministérielle se déplacera mercredi sur les lieux pour prendre connaissance de près de la situation.
Dhaou Dhibi, activiste de la société civile à Dhiba a déclaré à Anadolu: «La décision du gouvernement ne nous intéresse pas et nous allons poursuivre nos protestations pacifiques»
Mohcen Elchihib secrétaire général du bureau régional de l’UGTT de Ben Guerdane a appelé «le gouvernement à annuler de telles mesures et à œuvrer à développer la région frontalière».
Lakhdhar Belhouichet député du mouvement Ennahda (opposition) au sein de la Chambre des représentants du peuple (Parlement) a déclaré à Anadolu «le gouvernement doit annuler cette mesure fiscale et c’est dans ce sens que nous oeuvrons car nous savons pertinemment que c’est une mesure qui accable les commerçants »
Le porte-parole du gouvernement Ahmad Zarrouk, avait déclaré de son côté à la presse que le gouvernement examine la révision éventuelle de la taxe imposée sur le transit entre la Tunisie et les autres pays maghrébins. Il a en outre, déclaré que les ministres de la Finance et de l’Investissement ont été dépêchés sur place pour se rendre compte de la situation sociale qui prévaut dans la région.