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07 Janvier 2022•Mise à jour: 07 Janvier 2022
AA / Tunis
L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (basée aux Etats Unis) a appelé les autorités tunisiennes à libérer immédiatement le chef adjoint du mouvement Ennahdha, Noureddine Bhiri, soulignant que sa détention est "arbitraire".
L'organisation internationale spécialisée dans la surveillance des droits de l'homme a appelé jeudi soir dans un communiqué, les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Bhiri, détenu arbitrairement".
Le communiqué citant les propos du Directeur exécutif par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch Eric Goldstein que "les détentions de Noureddine Bhiri et de Fathi Beldi, qui s’apparentent à des enlèvements, témoignent de la menace croissante qui pèse sur la protection des droits humains depuis la saisie de pouvoirs additionnels par le président Saïed en juillet dernier".
"Les autorités devraient libérer Bhiri et Beldi maintenant ou, si elles ont la preuve d’un crime réel, les inculper conformément à la loi. C’est aussi simple que cela", a-t-il ajouté.
Dimanche, les autorités tunisiennes de 63 ans ont transféré Bhiri dans un hôpital de la ville de Bizerte, suite à la détérioration de son état de santé due à sa grève de la faim, en signe de protestation contre sa détention depuis le 31 décembre dernier.
Jusqu'à l'heure, aucun commentaire officiel n'a été émis par les autorités tunisiennes concernant ledit communiqué. Le ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, avait annoncé, lundi, que Bhiri et l'ancien conseiller du ministère de l’Intérieur, Fathi Baldi, avaient été placés en résidence surveillée pour ''suspicion de terrorisme'', sur fond de délivrance de documents de voyage et de citoyenneté de manière "illégale".
L’affaire Bhiri survient alors que la Tunisie est en proie à une crise politique aiguë depuis le 25 juillet dernier. À cette date, Kaïs Saïed, avait pris une série de mesures d'exception, portant notamment suspension des travaux du Parlement et levée de l'immunité dont bénéficiaient les députés.
La majorité des forces politiques tunisiennes, dont le mouvement Ennahdha, rejette les décisions de Saïed, qu'elle considère comme étant "un coup d'Etat contre la Constitution", tandis que d'autres partis les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une "restauration du processus de la Révolution" de 2011, qui avait déposé le régime de l'ancien président, Zine El-Abidine Ben Ali (1987-2011).
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni