Lassaad Ben Ahmed
25 Septembre 2018•Mise à jour: 26 Septembre 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Le mouvement d'obédience islamique tunisien Ennahdha a officiellement réitéré, mardi, son attachement au consensus avec le président Béji Caïd Essebsi, en réaction à l'annonce par ce dernier de la rupture de la relation consensuelle entre les deux parties.
Dans un communiqué publié sur son site électronique, Ennahdha note que la divergence des points de vue sur un certain nombre de problèmes auxquels est confronté le pays, notamment la stabilité du gouvernement, ne signifie pas qu’Ennahdha a renié ses solides relations avec le président de la République.
Il estime que de telles divergences sont le propre de la vie démocratique et découlent des exigences de la phase cruciale et de l’ampleur des défis économiques et sociaux qui préoccupent l’opinion nationale.
Lors d'une interview, lundi soir, à la chaîne privée Al Hiwar Ettounsi, le président Caïd Essebsi a déclaré que cette rupture est intervenue "à la demande d'Ennahdha", et ce, lors de l'entrevue qu'il a eue la semaine dernière avec le président du mouvement d'obédience islamique Rached Ghannouchi.
Il a estimé que cette rupture qui met fin à un consensus instauré depuis cinq ans, lors d'un "sommet" à Paris en 2013, entre Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi, "nous entrons dans une nouvelle aventure indépendante de ma volonté", sans plus de précisions.
Le mouvement a, néanmoins, salué le souci du président de la République de rassurer les Tunisiens sur les élections présidentielle et législatives qui seront organisées dans les délais prévus (fin 2019), "ce qui est de nature à consolider le processus de transition démocratique et à renforcer la confiance à l'échelle interne et externe à l’égard de l’expérience tunisienne".
Soulignant son engagement sur la voie du consensus, Ennahdha exprime, en outre, "sa considération au président de la République pour le rôle national qu’il a joué depuis le début de la révolution (janvier 2011) dans l’instauration d’une culture de la concertation et du dialogue entre les acteurs politiques, loin de toute exclusion".
Après avoir noté qu’Ennahdha, qui dispose du plus fort bloc parlementaire (68 députés sur 217), "a interagi positivement avec le rôle du président depuis la réunion de Paris", le communiqué fait valoir que "le chef de l’Etat n’a rencontré de notre part, que le soutien et l’appui".
"Le choix du consensus a permis de tisser l’exception tunisienne réalisant la stabilité de notre pays et la gestion de la différence dans les limites de la responsabilité nationale et le respect mutuel", ajoute le communiqué.
Après sa victoire aux élections de 2014, le parti Nida Tounes, fondé par Béji Caïd Essebsi, conduit une coalition gouvernementale à laquelle participent Ennahdha et d'autres partis, ainsi que des indépendants.
Cette coalition est, cependant, en butte avec une crise politique qui couve depuis des mois, en raison d'un différend aigu entre le directeur exécutif de Nida Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, fils de l'actuel président, et le chef du gouvernement Youssef Chahed.