Tunisie : Chronologie d’une crise politique
- L’Agence Anadolu vous présente les principales étapes de la crise politique en Tunisie
Tunisia
AA / Tunis / Hajer Cherni
La Tunisie qui souffre actuellement de crises économique et sociale aggravées par la pandémie de la covid-19, ajoute à son compteur une autre crise constitutionnelle qui s’est manifestée par un bras de fer entre le Président Kaïs Saïed et le Chef du gouvernement Hichem Méchichi, soutenu par la majorité parlementaire.
Retour sur les dates clés d'un blocage sans précédent.
25 juillet 2020 : Ministre de l’Intérieur avant sa nomination en tant que chef du gouvernement, Hichem Méchichi est désigné par le président de la République Kaïs Saïed, et ce, dans un contexte politique tendu. Il était le premier conseiller de Saïed, chargé des Affaires juridiques.
2 septembre 2020 : Le gouvernement Méchichi obtient la confiance du Parlement à l'issue d'une séance plénière qui a duré près de 15 heures.
30 Novembre 2020 : Le Mouvement Ennahdha, qui détient le plus grand nombre de sièges au parlement, appelle à ‘’une réconciliation nationale globale et à l’apaisement entre toutes les parties politiques et sociales’’.
30 novembre 2020 : L'Union générale tunisienne du travail (UGTT) présente une initiative au président de la République portant sur la tenue d’un Dialogue national afin d’introduire des réformes économiques, politiques et sociales nécessaires.
16 janvier 2021 : Le chef du gouvernement, Hichem Méchichi, annonce un remaniement affectant 11 portefeuilles ministériels.
26 janvier 2021 : Le Parlement approuve, tard dans la soirée, le remaniement. Les 11 nouveaux ministres ont obtenu la confiance de l'ARP.
28 janvier 2021 : Kaïs Saïed accuse certains des nouveaux membres du gouvernement de corruption et reproche au Chef du gouvernement de ne pas l’avoir consulté.
2 février 2021 : Saïed réitère sa position de principe selon laquelle ‘’il n’est pas question de dialoguer avec les corrompus, ni d'établir un dialogue, comparable à celui qu'a connu la Tunisie ces dernières années‘’. La cérémonie de prestation de serment des nouveaux ministres n'aura pas lieu.
8 février 2021 : Le chef du gouvernement envoie une correspondance officielle au tribunal administratif concernant le blocage lié au remaniement ministériel.
11 février 2021 : Le tribunal administratif se déclare incompétent concernant le blocage juridique relatif au remaniement ministériel en Tunisie.
15 février 2021 : Méchichi limoge 5 ministres, déjà remplacés dans le cadre du remaniement ministériel, et charge d'autres membres du gouvernement d'assurer l'intérim.
27 février 2021 : Une manifestation massive des partisans d'Ennahdha pour réclamer la stabilité politique a lieu à Tunis. Les protestataires réclament l'unité nationale, le respect de la Constitution, la stabilité politique et le dialogue.
25 mars 2021 : Le parlement adopte les amendements apportés à la loi organique relative à la Cour constitutionnelle.
3 avril 2021 : Le Président Kaïs Saïed refuse de ratifier le projet de loi sur la mise en place de la Cour Constitutionnelle.
6 avril 2021 : Hichem Méchichi appelle à mettre en place la Cour Constitutionnelle, soulignant que cette étape fait partie du processus démocratique par lequel le pays doit passer.
6 avril 2021 : Le président de la République exprime son rejet des " tentatives de certains de mettre en place des lois sur-mesure ” pour ” régler des comptes”, réaffirmant son respect de la Constitution.
7 avril 2021 : Report de la séance plénière consacrée à l’élection de trois membres de la Cour constitutionnelle, prévue pour 8 avril 2021. Elle a été reportée au 15 avril afin d’examiner la lettre du chef de l’Etat au sujet de l’amendement du projet de loi relatif à la Cour constitutionnelle.
