AA/ Dakar/ Yazid Bamse/ Babacar Dioné
L'avion privé emprunté par l'ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade, dont le retour était attendu mercredi à 14h00 locales, n'a pas quitté son escale casablancaise, l'autorisation d'atterrissage à Dakar faisant défaut, selon le porte-parole du Parti démocratique sénégalais (PDS-opposition).
« Nous interpellons directement le président de la République et la communauté internationale. Nous refusons la forfaiture. Le gouvernement du Sénégal doit donner l’autorisation d’atterrissage à notre leader. Je viens de m’entretenir avec Abdoulaye Wade. Il est à Casablanca. L’avion n’attend que l’autorisation », s’est indigné Oumar Sarr, le coordonnateur du Parti démocratique sénégalais (PDS), lors d'un point de presse, devant des centaines de militants rassemblés au siège de l’ancienne formation présidentielle .
Les responsables du PDS ont promis de "tout faire pour que l’avion puisse atterrir". Une délégation du parti est allée à la rencontre des autorités de l’aéroport, a souligné Oumar Sarr.
Joint au téléphone par Anadolu, le directeur des Aéroports du Sénégal, Pape Mael Diop, a démenti les informations selon lesquelles les autorités ont refusé de donner une autorisation d’atterrissage. «Nous n’avons reçu aucune demande d’atterrissage. Les responsables du PDS versent dans le dilatoire », a dit M. Diop. « j’insiste, nous n’avons rien reçu ».
Toutefois, plus tard dans la journée, les accusations du responsable du PDS, sur les ondes d'une radio locale, "futurs médias", selon lesquelles "les autorités sénégalaises n'ont pas accordé l'autorisation d'atterrir alors que la demande a été faite depuis plusieurs semaines'' ont été démenties par le Premier ministre sénégalais, Aminata Touré. Interrogé par la même radio, il a même tenu à révéler le numéro de l'autorisation accordée au jet privé de l'ancien président.
Un important dispositif de sécurité est déployé à l’aéroport où se sont réunis des centaines de militants. Des gendarmes et des policiers lourdement armés sont postés aux alentours de l’aéroport. Des forces de sécurité sont également visibles devant le siège du PDS, à côté de l’université de Dakar et vers le centre-ville.
Abdoulaye Wade, qui avait prévu de tenir un meeting politique à son arrivée, a vu le préfet de Dakar interdire la manifestation ''parce que les conditions de calme et de sécurité ne sont pas garantis'', selon le Premier ministre, s'exprimant sur les ondes de la radio précitée.
Attendu dans la soirée de mercredi ou dans la matinée du jeudi, l'ancien président devrait être escorté par les forces de l'ordre jusqu'à sa maison à Dakar sans avoir l'opportunité de s'adresser à ses militants à l'aéroport ou à la siège de son parti, selon des sources sécuritaires.
Abdoulaye Wade, ancien président du Sénégal, de 2000 à 2012 a perdu les élections présidentielles devant Macky Sall, après une campagne marquée par des troubles qui ont fait au moins 6 morts, selon des chiffres d'organisations humanitaires. Il avait notifié, dans une interview parue mardi, au journal français "le Monde", que son retour serait "hautement politique". Il avait accusé Macky Sall d'avoir mis son fils en prison parce que celui-ci serait "le seul rival capable de l'affronter".