AA/New-York/ Mohamed Tarek
L'Organisation des Nations Unies (ONU) a exprimé sa préoccupation après l'annonce, mercredi soir, de la prise de contrôle de la ville d'Idleb par le Front al Nosra en Syrie, et son intention d’y appliquer la chariaâ islamique.
Le porte-parole adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, Farhan Haq, a déclaré : "Les Nations Unies ne reconnaissent pas l’autorité du Front al Nosra sur la ville d’Idleb", exprimant la "préoccupation" de l'organisation internationale quant aux violations des droits de l'Homme et aux atrocités qui pourraient viser les civils syriens.
Des factions de l'opposition syrienne ont annoncé, dans la soirée du samedi dernier, contrôler totalement Idleb (Nord de la Syrie), après cinq jours de combats. Il s’agit de la deuxième ville syrienne, après Raqqa, à échapper complètement aux forces du régime d’Assad.
Plusieurs groupes ont participé aux combats et coordonné leurs forces via une salle d’opérations commune : "Le Front al Nosra, le mouvement Ahrar al-Sham, Faylaq al Sham, des factions de l'Armée syrienne libre, tels que la Brigade des martyrs d'Idlib, et Soqour Al Jebel, Lioua'a el Haq, Forsann el Haq".
Le responsable a souligné, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York, que "Les Nations Unies se concentrent essentiellement pour l'instant sur la façon d’appliquer les articles définis dans la déclaration de Genève, le 30 Juin 2012".
Quant à l’annonce de la prise de contrôle du camp de réfugiés de Yarmouk par l’EIIL, le porte-parole adjoint du l’ONU a déclaré : "L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) est préoccupée à ce sujet", soulignant que de violents combats y font rage actuellement.
Près de 18 000 Palestiniens, dont des enfants, vivent dans le camp. L’UNRWA appelle toutes les parties à protéger les civils à Yarmouk, à arrêter les combats, et à fournir une aide humanitaire aux résidents du camp.
Des affrontements avaient éclaté mercredi dernier au sud de Damas dans le camp de réfugiés de Yarmouk, entre l’EIIL, et l’une des factions de l'opposition syrienne, "Aknaf Beit el Maqdess".
Un activiste politique de la région, Mustafa Abu Obeida a déclaré au correspondant d’Anadolu : «Des affrontements ont fait des blessés des deux côtés", ajoutant que "Les forces du régime syrien ont visé le camp durant les combats avec des tirs de mortiers et d’artillerie".
Abu Obeida a précisé que "Les affrontements ont éclaté après que l’EIIL ait été accusé d’avoir tué Yahya Hourani, un secouriste du Croissant-Rouge".
Le camp de réfugiés de Yarmouk abrite une majorité de Palestiniens vivant dans des conditions difficiles, notamment, à cause du blocus imposé depuis près de trois ans par les forces du régime syrien.
La déclaration de Genève a été faite le 1er Juin 2012, à la suite d'une réunion de représentants des cinq pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, en plus de l'Allemagne, de la Ligue arabe et de l'ONU.
La déclaration dispose qu’un «gouvernement doté des pleines prérogatives exécutives doit assurer une période transition », soulignant que le principal objectif des négociations avec le régime syrien est de « mettre en place un régime civil démocratique, basé sur l’alternance pacifique du pouvoir et le pluralisme politique, et garantissant les droits et les devoirs de tous les Syriens sur la base de l'égalité des citoyens ». Notifiant que le « consensus régional et international est essentiel pour la réussite des négociations ».