AA/ Rome/ Mahmoud Kilani
L’avocate iranienne, lauréate du prix Nobel pour la paix, Shirin Ebadi, a demandé pardon lundi, pour le soutien de son pays au «dictateur» Bachar al-Assad ainsi que pour sa tentative «d’étouffer» le changement au Yémen.
«Au nom du peuple iranien, je demande pardon pour ce que le gouvernement de mon pays fait en Syrie en soutenant le dictateur Bachar al-Assad qui tue ses citoyens; je le demande aussi pour ce que l’Iran fait actuellement au Yémen en appuyant la contre-révolution afin d’étouffer le changement » a déclaré Shirin Ebadi lors d’une conférence à Rome dans le cadre du 14ème sommet des Prix Nobel de la paix, transmise par la télévision gouvernementale italienne.
L’opposition syrienne accuse la garde révolutionnaire iranienne, les milices d’Abu Fadhel al-Abbas (regroupant des combattants chiites de différents pays) et Hezbollah, de combattre aux côtés du régime syrien et de tuer des Syriens.
L’Iran est également accusé de soutenir le groupe Ansar Allah, connu médiatiquement sous le nom de "Houthis" , qui a pris le contrôle de la capitale yéménite, Sanaa par les armes en septembre dernier, dans l’objectif de faire tomber le gouvernement. Téhéran réfute catégoriquement cette accusation.
«Personne ne peut offrir des droits à quiconque ne veut pas les avoir par sa propre lutte » a rappeler Shirin Ebadi, ajoutant : «Si nous perdons l’espoir cela veut dire que nous sommes effectivement finis. Tout dépend de nous» .
L’iranienne Shirin Ebadi a obtenu le prix Nobel de la paix en 2003, pour sa lutte en faveur des droits de l’homme dans son pays dans le cadre de son travail d’abord comme juge, ensuite en tant qu’avocate. Elle vit actuellement dans la capitale britannique, Londres.
Le sommet des Prix Nobel de la paix devait se tenir en octobre dernier, à Cap Town en Afrique du Sud. Il a été organisé à Rome dimanche dernier, parce que l’Afrique du Sud qui entretient des bonnes relations avec Pékin, a refusé de donner un visa d’entrée au Dalaï Lama, le chef spirituel du Tibet, accusé par la Chine d’être séparatiste.