AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Robert Ménard, maire de Béziers, qui a récemment suscité un tollé par son affirmation de fichage des élèves musulmans, a une longue histoire de polémiques, notamment sa transition de gauche à l'extrême-droite, mais aussi sa crise diplomatique avec la Turquie dix ans auparavant au sujet d'une exposition culturelle.
Fondateur de l'association de défense de liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF), Ménard a été élu en 2004 par le soutien du Front National (FN). Il avait pourtant fait ses premiers pas en politique à gauche, militant notamment à la Ligue communiste révolutionnaire, de 1973 à 1979 et s'inscrivant par la suite au Parti socialiste. Il s'approche progressivement de l'extrême-droite au long de sa carrière comme journaliste, en passant entre autres par la droite et Nicolas Sarkozy pour qui il avait voté lors des élections présidentielles en 2007.
Auteur du livre ''Vive Le Pen'' paru en 2011, Ménard veille tout de même à prendre ses distances vis-à-vis du FN, affirmant ''Je ne voterai pas Front National mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression''. Au moment de sa candidature en 2014, il continue à réfuter l'existence des liens officiels avec le FN, se montrant pourtant de plus en plus ouvert à ses idées.
''Je n'ai pas la carte [du FN] et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d'un autre parti. Cela dit, je suis d'accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l'immigration'', affirme-t-il à l'époque au Monde.
S'exprimant à Anadolu sur sa dernière polémique, le fichage des élèves musulmans, Ménard soutient que le fichage sur l'appartenance ethnique est répandu dans plusieurs pays au monde. Selon Ménard, les statistiques sur l'appartenance ethnique sont ''essentielles'' pour l'école qui ne saurait pas autrement ''qui ne mangent pas du porc''.
Le maire de Béziers qui dit en outre avoir de très bonnes relations avec la communauté turque de sa ville avait pourtant été interdit de séjour en Turquie en 2002 à la suite de l'exposition de RSF à Paris. Dans cette exposition, le chef d’état-major des armées turques à l'époque, Hüseyin Kivrikoglu, figurait parmi les portraits des 38 "prédateurs de la liberté de la presse" sur une mappemonde.
Souhaitant organiser une conférence de presse à ce sujet, Ménard s'était vu refuser l'entrée en Turquie par le ministère des Affaires étrangères qui jugeait l'exposition injurieuse envers Kivrikoglu. Ce dernier avait alors entamé une action judiciaire contre Ménard pour atteinte à son image, réclamant entre autres 100 000 euros.
Ménard avait fait l'objet d'un autre procès la même année, pour "violences en réunion" par une employée de l’Office du tourisme de Tunisie à Paris. Il avait été condamné à 1 000 euros d’amende et un euro de dommages et intérêts pour avoir bousculé Samia Ayari Mattei, secrétaire de direction, lors de son irruption à l'Office du tourisme tunisien.