AA/ Bangui / Sylvestre Krock
Le groupe de travail de la société civile centrafricaine a annoncé, samedi, à Bangui, qu’il boycotterait le forum inter-centrafricain "de réconciliation nationale" prévu du 21 au 23 juillet dans la capitale congolaise Brazzaville.
Trois leaders de la société civile, Gervais Lakosso, Me. Hyacinthe Gbiégba, Joseph Bindoumi ont indiqué, lors d’une conférence de presse dans la capitale, que la société civile déclinait l’invitation à la réunion inter-centrafricaine censé regrouper tous les acteurs centrafricains autour des pistes à développer pour une « réconciliation nationale ».
« Le forum de Brazzaville que le peuple centrafricain n’a pas demandé, ne résoudra pas durablement la crise » a soutenu Lakosso.
Lakosso a par la suite justifié le boycott comme réponse au faiblesse du « plan d’action de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) (qui propose un plan d’action en 11 points pour la résolution du conflit en République centrafricaine,ndlr) »
« Ce plan d’action est loin de prendre en compte les préoccupations fondamentales à savoir : le désarmement des forces négatives conformément aux Résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ; la réhabilitation des forces armées centrafricaines (FACA) et la relance de l’économie nationale» a soutenu le porte-parole.
« Les organisations de la société civile entendent informer le peuple sur les motivations réelles de ce forum qui a pour but de déstabiliser à nouveau la République centrafricaine », a-t-il ajouté.
Le groupe de travail de la société civile a partagé la même position que des leaders politiques et religieux qui avaient publiquement déclaré, mardi dernier, que ce déplacement à Brazzaville était « inopportun » et « pas une véritable solution à la crise ».
Ces mêmes leaders avait d’ailleurs réclamé du Président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine qu’il « organise en terre centrafricaine, une concertation entre centrafricains en vue d’une solution durable à la crise. »
C’est en marge du 23e sommet de l’Union Africaine, qui s’est tenu à Malabo en Guinée Equatoriale, le 27 juin dernier que la ville de Brazzaville a été retenue pour abriter ce forum de réconciliation nationale à l’issue d’une concertation des chefs d’Etat de la CEEAC.