Majdi Ismail
15 Décembre 2020•Mise à jour: 15 Décembre 2020
AA/ Rabat
Les autorités marocaines ont interdit lundi, un rassemblement de protestation prévu par des associations civiles, devant le siège du parlement dans la capitale marocaine Rabat, pour exprimer leur rejet de la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv.
Les forces de l’ordre se sont déployées massivement dans l’avenue Mohammed V, au centre de Rabat, et ont fermé tous les accès qui mènent au siège du Parlement, a fait savoir le correspondant de l’agence Anadolu.
Il a expliqué que des centaines de membres des forces de l’ordre, ont été déployés dans plusieurs entrées et ont empêché les citoyens d'atteindre le bâtiment du Parlement, pour éviter la tenue d'un éventuel rassemblement de protestation.
L'avocat et militant des droits humains, Abderrahman Ben Amrou, et l'activiste juif-marocain connu pour ses positions anti-sionistes, Sion Assidon, étaient présents au rassemblement et ont demandé aux membres des forces de l’ordre de se retirer, rapporte le correspondant.
Dimanche, six associations civiles marocaines, ont appelé à organiser un rassemblement de protestation, pour exprimer leur rejet de la normalisation des relations entre le royaume chérifien et Israël.
Les associations en question, qualifient cette initiative de « développement dangereux ».
Dans un communiqué commun, les associations considèrent que «les régimes officiels maghrébins, arabes et africains, rendent gratuitement service à l'entité sioniste, à un moment où il devenait impératif d’imposer des sanctions internationales contre Israël et de l’isoler.
Les associations signataires dudit communiqué sont : le Réseau Démocratique Marocain de Solidarité avec les peuples, la Coalition marocaine des instances des droits humains (CMIDH), l’Organisation marocaine de soutien aux causes de la nation, le mouvement «BDS», la Campagne Marocaine de Boycott Académique et Culturel d'Israël (MACBI) et le Comité de solidarité avec le peuple palestinien (Casablanca)
Jeudi, le roi du Maroc avait annoncé la reprise des contacts bilatéraux officiels et des relations diplomatiques avec Israël « dès que possible », selon un communiqué publié par la cabinet royal.
Il a cependant, souligné que cette initiative « n'affectera aucunement l'engagement permanent et constant du Maroc à défendre la Cause Palestinienne juste, et son inscription sur la voie de l'instauration d'une paix juste et durable dans la région du Moyen-Orient ».
Le Maroc et Israël ont entamé des relations limitées en 1993, après la conclusion de l'accord d'Oslo, avant que Rabat ne décide de les suspendre, après le déclenchement de l’Intifada Palestinienne, en 2002.
En vertu de cette annonce, le Maroc devient le seul pays maghrébin à établir des relations avec Israël, après la rupture des relations entre la Mauritanie et Tel-Aviv en 2010, ce qui constitue une percée israélienne remarquable dans la région du Maghreb.
Le Maroc est de ce fait, le quatrième pays arabe à convenir d’un accord de normalisation avec Israël au cours de l'année 2020, et ce, après que les Émirats arabes unis et le Bahreïn aient signé deux accords de normalisation le 15 septembre.
Le Maroc rejoint ainsi 5 pays arabes qui ont signé des accords de paix avec Israël, à savoir l'Égypte (1979), la Jordanie (1994), ainsi que les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan, tous les trois en 2020.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail