AA/Zamboanga (Philippines)/ Roy Ramos
Une offensive militaire contre des insurgés musulmans a provoqué le déplacement de près de 55 000 civils dans le sud des Philippines, a signalé, mardi, une organisation humanitaire locale.
Le Commandement militaire du Mindanao de l’ouest et la police nationale des Philippines ont lancé une opération conjointe, qui en est aujourd’hui à son septième jour, contre le Bangsamoro Islamic Freedom Fighters (BIFF), groupe extrémiste de l’ouest de l’île de Mindanao.
L’opération, menée dans la province de Maguindanao, a causé la fuite de 54370 habitants, d’après la « Humanitarian Emergency Action and Response Team ».
Le rapport de l’organisation, publié lundi soir, fait référence à neuf villes du Maguindanao, province au cœur du conflit entre les forces gouvernementales et le BIFF.
Dans la seule commune de Mamasapano, 13 185 personnes ont quitté leur foyer, certains avant même le lancement de l’offensive.
Le chef d’Etat-major philippin, Général Gregorio Pio Catapanga a déclaré, cité par la chaîne de télévision GMA News, que l’opération d’envergure avait été lancée lorsque 20 000 villageois ont été forcés, par le BIFF, à quitter leurs habitations.
Cependant, l’offensive gouvernementale a provoqué le déplacement d’un nombre plus important encore d’habitants, suscitant ainsi les critiques des médias philippins.
Le Philippine Daily Inquirer a averti que le nombre de personnes évacuées avait de forts risques d’augmenter avant de baisser.
Le BIFF est une faction dissidente du Front Moro Islamique de Libération (FMIL), plus important mouvement rebelle philippin qui a signé, en mars dernier, un accord de paix historique avec le gouvernement.