Nour Mahd Ali Abu Aisha
29 Novembre 2019•Mise à jour: 01 Décembre 2019
AA / Gaza / Nour Abu Aisha
Vendredi 29 Novembre coïncide avec le 72e anniversaire de la résolution des Nations Unies de diviser la Palestine en deux États juif et arabe. Une journée marquée par le manque d'espoir des Palestiniens d'avoir un État indépendant à court terme.
Cette occasion correspond aussi à la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, qui a été approuvée par les Nations Unies en 1977.
Un historien palestinien a expliqué que l'idée de diviser la Palestine était "injuste", une bombe lancée par l'ONU sur les terres palestiniennes.
Les observateurs estiment que les politiques israéliennes soutenues par les États-Unis dissipent le rêve d'un État palestinien, après qu'Israël ait absorbé plus de 51,6% de la Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) au cours des dernières décennies.
Selon les statistiques officielles, Israël occupe plus de 85% du territoire de la Palestine (environ 27 000 km 2). Seuls moins de 15% du territoire sont en possession des Palestiniens.
Le plan de partage
Les Nations Unies ont adopté, le 29 novembre 1947, la résolution 181, baptisée “la résolution du partage” avec 33 votes pour, 13 contre et 10 abstentions.
Cette résolution prévoyait la fin du mandat britannique sur la Palestine et la division de son territoire en trois entités.
La première entité sera établie par un Etat arabe “couvrant une superficie d'environ 4300 miles carrés, située dans la Galilée occidentale, la ville d'Acre, la Cisjordanie et la côte méridionale s'étendant du nord d'Ashdod au sud de Rafah, avec une partie du désert le long de la frontière égyptienne”.
La deuxième entité “sera établie par un État juif, d'une superficie de 5700 miles carrés, située dans la plaine côtière de Haïfa au sud de Tel Aviv et dans l'est de la Galilée, y compris la mer de Galilée, “le Doigt de la Galilée” et le désert de “Néguev”.
La troisième entité, qui comprend "Jérusalem et la ville de Bethléem et les territoires adjacents", a été placée sous tutelle internationale, conformément à la résolution.
La décision a accordé aux Juifs, un État qui représente environ 56,5% de la superficie totale de la Palestine historique, bien que leur nombre ne dépasse pas 33% de la population totale de la Palestine.
La résolution, qui a accordé aux Arabes, qui constituaient environ 67% de la population et possédaient la majorité de ces terres, 43,5% de la “Palestine”, a été totalement rejetée par les arabes.
Le vol de la terre de Palestine
Israël continue de voler des terres palestiniennes depuis 1948 et à ce jour par le biais d'une politique de “colonisation”.
En 1948, des organisations juives ont pris le contrôle de la plus grande partie du territoire palestinien, en ont expulsé les habitants d'origine et ont procédé à des massacres à leur encontre.
Les trois quarts de la Palestine étaient alors sous contrôle israélien, tandis que la Jordanie dirigeait la Cisjordanie et la bande de Gaza sous administration égyptienne.
Israël était revenu le 5 juin 1967 pour coloniser la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, la bande de Gaza avec la péninsule du Sinaï et le plateau syrien du Golan.
En novembre 1967, la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies appelait Israël à se retirer des territoires qu'il occupait.
Une résolution refusée par Israël qui continue, depuis 52 ans, d'occuper la Cisjordanie et d'assiéger Gaza, et a annexé Jérusalem et le Golan à ses frontières.
À la suite de la signature des accords d'Oslo entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine en 1993, certaines zones des territoires palestiniens étaient soumises à l'autonomie sous le contrôle de l'Autorité nationale palestinienne.
L’accord d’Oslo a stipulé la création d'un État palestinien en 1999, ce qui n'a pas encore été mis en œuvre.
Israël impose de nouvelles politiques visant à confisquer davantage de terres palestiniennes, avec le soutien de l'administration américaine.
Le ministère américain des affaires étrangères a considéré, dans une décision récente, que les colonies de peuplement israéliennes n’est pas contraire au droit international.
Le superficie de la Cisjordanie, qu'Israël contrôlait jusqu'à fin 2018, s’élève à environ 51,6%, pour y construire de colonies de peuplement, de bases militaires et de prétendues "terres domaniales", selon les données du Département des négociations de l'Organisation de libération de la Palestine.
Le nombre de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie a atteint 150 fin 2019 et 128 avant-postes (non autorisés), en plus de 15 colonies à Jérusalem occupée, outre les 25 zones industrielles de colonisation en Cisjordanie et une à Jérusalem.
Le nombre de colons de la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem, a atteint ,au début de 2019, environ 670000 colons, dont 228500 à Jérusalem.
Une décision injuste
Pour l’historien palestinien Salim al-Mubaidh, la décision de diviser la Palestine était injuste.
Dans une déclaration accordée à Anadolu, il a indiqué que “la résolution de partage a été rejetée par tous les pays arabes à l’époque”.
Al-Mubaidh a considéré cette décision comme le début de la “Nakba” palestiniennes et le vol de terres qui s’en est suivi.
“Il s’agissait d’une bombe créée par la Grande-Bretagne et les Etat-Unis et déclenchée par les Nations Unies en Palestine” a-t-il soutenu avant de poursuivre “la Palestine avait une grande revanche à prendre de la Grande-Bretagne, un État injuste, qui devait en payer le prix, comme le prix qu’avait payé l'Allemagne aux Juifs pour l'Holocauste”.
L’historien a estimé que la revendication par les Palestiniens de leur droit à un État aux frontières de 1967 est une sorte d'humilité face aux circonstances et à la complexité que connaît la Cause. “Cet État est un droit naturel et légitime” a-t-il affirmé.
“Il s’agit de la pire phase politique que traverse la Cause palestinienne, en raison du rapprochement étroit entre les Etats-Unis et Israël qui légitimise toutes les violations dans la région” a déploré al-Mubaidh.
Journée internationale de solidarité
Les Palestiniens célèbrent, vendredi, la Journée internationale de la solidarité avec eux en appelant à des événements publics ou officiels.
Les organisateurs de ces événements ont pour objectif d'attirer l'attention du monde sur la Cause palestinienne et le vole de leurs terres par Israël.
L'Assemblée générale de l’ONU avait appelé, en 1977, à la célébration du 29 novembre de chaque année en tant que «Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien».
Les Nations Unies ont organisé, mercredi dernier, ( et jusqu'au 6 janvier 2020) une exposition intitulée “La Palestine – la plus universelle des causes nationales”, qui proposait des photos et des proverbes de personnalités célèbres.
Dans un message posté sur le site internet de l’organisation, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres a réaffirmé l’engagement de l’ONU à défendre les droits du peuple palestinien à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de solidarité.